Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Sénégal :  la presse se mobilise pour demander la libération de Pape Alé Niang

Pape Alé Niang en détention depuis le mois de décembre, est très affaibli par une grève de la faim alors que la justice sénégalaise a de nouveau rejeté la demande de liberté provisoire du journaliste.

Au Sénégal, Pape Alé Niang, le journaliste d’investigation ne s’alimente plus depuis le 20 décembre 2022.  Le journaliste, critique du pouvoir, est accusé d’avoir divulgué des informations « sensibles ». Cependant l’état de santé du journaliste est de plus en plus préoccupant ; celui-ci refusant également de recevoir des soins médicaux.

Le 3 janvier, le parquet de Dakar a rejeté la demande de libération provisoire de Pape Alé Niang, alors même qu’avait été souligné la dégradation « extrêmement préoccupante » de son état de santé. La Coordination des associations de presse du Sénégal a organisé à Dakar dès mercredi, un rassemblement devant la Maison de la presse pour réclamer sa libération immédiate.

Pape Alé Niang est à la tête de Dakar Matin, un journal d’information en ligne sur lequel les « scandales d’État » sont régulièrement mis à l’honneur de la rédaction. Le journaliste est également très populaire sur les réseaux sociaux et notamment grâce à ses « live » sur la page Facebook de son journal.

« Il est très bien introduit dans les cercles de pouvoir et dispose de bonnes informations. Son profil inquiète les autorités, qui, en s’acharnant sur lui, tentent de le faire taire », précise Sadibou Marong, directeur du bureau régional de Reporters sans frontières (RSF) pour l’Afrique de l’Ouest, qui assimile le journaliste à un « lanceur d’alerte ».

C’est le 9 novembre 2022 que le journaliste a été inculpé pour « divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale »« recel de documents administratifs et militaires » et « diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques ».

Des accusations qui portent, selon les syndicats de la presse sénégalaise, sur la diffusion de documents liés à l’audition, en novembre, par la justice, de l’opposant Ousmane Sonko, accusé de viols par une employée d’un salon de massage en mars 2021.  Ousmane Sonko  a toujours démenti ces accusations qu’il décrit  comme étant un complot du pouvoir alors qu’il brigue la présidence de la république en 2024.

Le journaliste est également accusé d’avoir appelé les Sénégalais à descendre dans la rue. Le procureur de Dakar a ainsi déclaré avoir « constaté des attaques (…) inacceptables dirigées contre les forces de défense et de sécurité », qui constituent « des menaces pour l’ordre public ».

Pape Alé Niang avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire, le 14 décembre. Cependant dès la semaine suivante, celui-ci avait été avait été renvoyé en prison. Le parquet de Dakar avait justifié cette révocation par les « sorties médiatiques » du journaliste qui sont « une violation des obligations » lui défendant de « communiquer sous aucune forme sur les faits objets de poursuite ».

 « Pape Alé Niang est un détenu d’opinion, ce qui est inacceptable dans une démocratie. C’est un journaliste d’investigation qui enquête et informe le public. Il n’a rien à se reprocher », s’insurge Me Moussa Sarr, l’avocat du journaliste.

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