Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Gambie : mort de 69 enfants après l’absorption de sirops contre la toux et la fièvre

En trois mois, 69 enfants sont morts d’insuffisances rénales aiguës et alors que tous avaient ingérer des sirops contre la toux et la fièvre de fabrication indienne. 

En Gambie, en trois mois 69 enfants sont morts en raison d’une insuffisance rénale aiguë. Sont en cause quatre sirops de paracétamol et de prométhazine contre la toux et la fièvre, fabriqués par le laboratoire indien Maiden Pharmaceuticals. Le premier cas enregistré par les autorités sanitaires remonte au mois de juillet dernier. Entre temps, es autorités n’ont pas réagi. Et c’est le 23 septembre que les autorités sanitaires ont ordonné le rappel de tous les sirops de paracétamol ou de prométhazine.

Les premiers résultats de l’enquête criminelle diligentée par la police gambienne montrent que l’entreprise Atlantic Pharmaceuticals, basée à Atlanta et agréée auprès des autorités gambiennes, est responsable de la commande d’un stock de 50 000 bouteilles des quatre sirops suspectés d’être la cause des décès. « Sur ces 50 000 bouteilles de sirops pour bébé contaminés, 41 462 bouteilles ont été mises en quarantaine ou saisies par [les autorités], et 8 538 bouteilles restent non comptabilisées » précise la police.

Les produits mis en cause sont : la solution orale Promethazine, les sirops contre la toux Kofexmalin bébé et Makoff bébé, ainsi que le sirop Magrip N Cold. Ces sirops sont produits par le fabricant indien Maiden Pharmaceuticals. Les premières analyses de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a émis une alerte, mercredi 5 octobre, montrent que ces médicaments ont été contaminés par du diéthylène glycol et de l’éthylène glycol en quantité inacceptable. Or ces deux substances sont hautement toxiques.

« L’éthylène glycol est notamment utilisé dans les liquides de frein et ne devrait jamais se retrouver dans un médicament pour les enfants. Malheureusement, cela arrive lorsque les laboratoires ne testent pas les ingrédients avant de se lancer dans la fabrication », regrette Dinesh S. Thakur, auteur, au côté de Prashant Reddy T., du livre The Truth Pill : The Myth of Drug Regulation in India (« La pilule de vérité : le mythe de la réglementation des médicaments en Inde »)

Les autorités indiennes ont quant à elles annoncé le jeudi 6 octobre, l’ouverture d’une enquête. Les premiers éléments précisent que Maiden Pharmaceuticals a obtenu les autorisations nécessaires à l’exportation de ces produits.  Leur commercialisation n’est cependant pas autorisée en Inde.

L’usine de fabrication de Maiden Pharmaceuticals, a été arrêtée mercredi 12 octobre. Ainsi, l’administration régionale et l’agence du médicament du gouvernement central ont noté douze infractions, selon les déclarations du ministre de la santé de l’Haryana, Anil Vij.

Le contenu du rapport d’inspection des autorités démontre les manquements graves, de tous ordres. Maiden Pharmaceuticals n’aurait pas réalisé de contrôle qualité sur le propylène glycol, le diéthylène glycol ni l’éthylène glycol.

Ce n’est pas la première fois que les produits de Maiden Pharmaceuticals ne répondent pas aux normes. Au début des années 2010, l’entreprise avait été épinglée par les autorités vietnamiennes, aux côtés de dizaines d’autres laboratoires indiens, pour ne pas avoir respecté les normes de qualité.

 « Cela signifie clairement qu’il y a un problème de contrôle dans l’industrie indienne, sinon pourquoi cela continuerait-il de se produire ? », interroge un activiste spécialiste de la santé publique.

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