Nouvelle junte au pouvoir au Burkina Faso depuis le vendredi 30 septembre dans un pays ravagé par le djihadisme.
Le capitaine Ibrahim Traoré a pris les armes et la tête du pays depuis le 30 septembre. Et ce seulement après les huit mois au pouvoir du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui lui-même avait pris le pouvoir après un coup d’État. Ainsi l’armée a à nouveau renversé le pouvoir le vendredi 30 septembre après une série de mutineries dans les casernes.
En début de soirée, des soldats ont annoncé avoir démis le chef de la junte. Ils ont déclaré également avoir dissolu le gouvernement. Une déclaration signée du capitaine Ibrahim Traoré, un officier d’une trentaine d’années, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), le nom de la nouvelle junte a été diffusée : « Les forces vives de la nation seront convoquées incessamment à l’effet d’adopter une nouvelle charte de la transition et de désigner un nouveau président du Faso, civil ou militaire ». Dans la foulée, les putschistes ont annoncé la suspension de la Constitution, l’instauration d’un couvre-feu de « 21 heures à 5 heures » du matin, et la fermeture des frontières « jusqu’à nouvel ordre ».
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ( Cedeao) a rapidement réagi en condamnant avec « la plus grande fermeté » le nouveau coup de force de l’armée au Burkina Faso.
Pour memo, il y a 8 mois, en prenant le pouvoir, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait promlis la « reconquête » du territoire, dont plus de 40 % échappent au contrôle de l’État, ainsi que le retour des personnes déplacées à cause des violences. Toujours selon le même communiqué, des propositions auraient été faites au lieutenant-colonel Damiba, visant à une « réorganisation » de l’armée, pour la rendre plus efficace sur le terrain. Cependant toutes les propositions auraient été rejetées. C’est ainsi qu’alors que la grogne montait dans les casernes, alors que les limitaires sont épuisés par des années de lutte contre le djihadisme.
La grogne montait depuis un moment au sein de l’armée, poussée à bout par de nombreuses pertes Le 26 septembre encore, après une nouvelle attaque terroriste, on déplore la perte de au moins onze alors qu’une cinquantaine de civils sont portés disparus.
Ce nouveau « coup dans le coup » au Burkina Faso laisse le pays désemparé. Au lendemain du putsch, personne ne connaît la stratégie future de la nouvelle équipe du MPSR, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré, jusqu’ici chef du régiment d’artillerie de Kaya (Centre-Nord). L’incertitude demeure également concernant Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui n’a pas officiellement remis sa démission et n’a pas été vu en public depuis le putsch.
Laisser un commentaire
Notice: Undefined index: stream in /var/www/virtual/tribuneouest.com/htdocs/wp-content/plugins/like-box/includes/widget.php on line 32