Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Liberia : la justice finlandaise acquitte un ex-rebelle jugé pour crimes de guerre

A l’occasion d’un procès marqué par une délocalisation inédite sur le sol libérien, un ex-rebelle sierra-léonais de 52 ans, jugé pour des crimes de guerre lors de la guerre civile au Liberia a été acquitté.

 Dans son jugement, le tribunal finlandais basé à Tampere a considéré que «la défense avait démontré qu’il était probable que l’accusé n’était pas au Liberia au moment où les crimes ont été commis », entre 1999 et 2003. Aussi la cour de Pirkanmaa, dans le sud-ouest de la Finlande a estimé que l’accusation n’avait pas « prouvé avec une certitude suffisante » qu’il était impliqué dans les viols, meurtres et recrutements d’enfants soldats pour lesquels il était poursuivi.

A l’époque, l’accusé Gibril Massaquoi était alors un haut responsable du Front révolutionnaire uni (RUF), un groupe armé sierra-léonais dirigé par le caporal Foday Sankoh, proche de l’ex-chef de guerre libérien devenu président, Charles Taylor. Gibril Massaquoi avait été arrêté en Finlande en 2020. Il y vivait en exil depuis 2008.

La cour finlandaise s’était déplacée début 2021 au Liberia, une première dans un pays où aucun tribunal n’a jusqu’à présent jugé les crimes commis pendant les guerres civiles de 1989-1996 et 1999-2003. Durant son procès, marqué par la difficulté à établir les preuves et des doutes sur certains témoignages, Gibril Massaquoi avait rejeté toutes les accusations. Gibril Massaquoi se dit soulagé à l’annonce du verdict, tout en attendant de voir si le procureur fera appel ou non de la décision. Toute la défense de Gibril Massaquoi   reposait sur le fait qu’il n’était pas au Liberia au moment des faits – notamment parce qu’il était à la Sierra Leone sous résidence surveillée de l’ONU.

En janvier, à la fin des audiences,  Gibril Massaquoi avait été remis en liberté le mois suivant par la justice finlandaise. Durant les semaines d’audience, des témoins avaient livré des récits édifiants. L’un d’entre eux  ayant par exemple accusé Massaquoi d’avoir bu le sang d’une victime au cou tranché.

D’autres procès ont eu lieu ou sont en attente en Suisse ou en France. Cependant nombre de personnalités impliquées dans le conflit occupent toujours à ce jour des postes économiques et politiques importants au Liberia ; ce qui ne facilite pas le travail de la justice.

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