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Gambie : le gouvernement prêt à lancer le procès de l’ancien dictateur Yahya Jammeh - Tribune Ouest Gambie : le gouvernement prêt à lancer le procès de l’ancien dictateur Yahya Jammeh - Tribune Ouest
Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Gambie : le gouvernement prêt à lancer le procès de l’ancien dictateur Yahya Jammeh

Le gouvernement gambien est disposé à juger l’ex-président Yahya Jammeh même si une comparution apparaît exclue. En effet l’ex-dictateur vit en exil en Guinée.

Mercredi 25 mai, le gouvernement gambien a annoncé qu’il est dorénavant prêt à faire juger, l’ancien-dictateur Yahya Jammeh ainsi que les dizaines de personnes accusées de nombreux de crimes. Yahya Jammeh avait sévi pendant vingt-deux ans à la tête de la Gambie.

Même si gouvernement du président réélu, Adama Barrow se dit prêt à juger Yahya Jammeh ; il semble peu réaliste de voir se dérouler un procès à court et moyen terme. En effet, l’ancien président âgé de 57 ans, vit en exil en Guinée équatoriale ; pays avec lequel il n’y a aucun accord d’extradition.

Cependant, l’annonce du gouvernement a de quoi rassurée la population qui craignait que rien ne soit fait après le départ de l’autocrate. Les familles des victimes du régime autoritaire de Yahya Jammeh ont dorénavant espoir qu’un procès se tienne à plus ou moins longue échéance.

Ainsi entre, la mise en place d’une cour spécialisée et la réforme des textes en vigueur, notamment sur la torture, le gouvernement prépare la population à un parcours long avant que celui-ci ne voit l’ancien maître du pays dans un cours.

Le gouvernement a également déclaré accepter de poursuivre les soixante-dix personnes citées dans un rapport produit en novembre 2021 par la commission chargée de faire la lumière sur agissements de « l’ère Jammeh ». Cela concerne « notamment (…) l’ancien président Yahya Jammeh pour une myriade de crimes commis entre 1994 et 2017 « a déclaré le ministère de la justice.

« La tâche la plus importante maintenant, c’est de veiller à ce que les recommandations soient respectées, appliquées et non pas mises de côté comme ailleurs », a commenté à l’AFP Fatoumatta Sandeng, la porte-parole d’une coalition d’associations de victimes dont le père, un opposant, est mort en 2016 après avoir été arrêté et torturé.

« Nous ne sommes pas disposés à laisser l’impunité encourager les auteurs de crimes », a confirmé le ministre de la justice Dawda Jallow. Celui-ci s’est exprimé lors d’une cérémonie devant des organisations de victimes, la société civile, le monde politique et des diplomates. Les autorités ont su écouter et tenir compte des préconisations de la commission d’enquête, sous la forme d’un « Livre blanc ». Ce « livre blanc » fut distribué notamment aux familles des victimes.

Et le « livre blanc » est particulièrement explicite. Pendant vingt-deux ans, « les exécutions extrajudiciaires, le viol, la torture, les disparitions forcées et de nombreuses violations graves des droits de l’homme ont été la marque de [la] junte militaire » de M. Jammeh ; « avec ses complices, y compris les broussards et l’Agence nationale du renseignement, Yahya Jammeh s’est servi de ces instruments pour s’accrocher au pouvoir en semant la peur dans le cœur des Gambiens ordinaires ».

La commission a recensé entre 240 et 250 personnes tuées par l’État de l’époque et ses agents. La commission a mentionné tous les crimes, qu’il s’agisse de l’assassinat d’opposants, de répression des libertés de la presse ou de religion, d’anonymes tués par l’incurie du convoi présidentiel. Le gouvernement a répondu point par point dans le Livre blanc, suggérant, proposant des réformes du système gambien.

Ainsi, un parquet et un tribunal spéciaux devraient être créés incessamment : « cette cour sera établie en Gambie ».

La présidence de Jammeh a pris fin avec sa défaite à la présidentielle de décembre 2016 et son exil en janvier 2017 sous la pression d’une intervention militaire ouest-africaine. M. Adama Barrow a été réélu en 2021, et ce après un accord entre son parti et celui de M. Jammeh.

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