Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Bénin : Reckya Madougou, figure de l’opposition, a été condamnée à vingt ans de prison
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L’opposante béninoise Reckya Madougou, anciennement garde des sceaux, a été condamnée samedi 11 décembre 2021 à une réclusion criminelle de vingt ans, par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Un tribunal créée par le pouvoir en 2018, et accusé de servir d’instrument juridique pour étouffer l’opposition.

Quelques jours après la condamnation de l’opposant Joël Aïvo à une réclusion criminelle de dix ans pour « atteinte à la sûreté de l’État », c’est au tour de Reckya Madougou de faire les frais du pouvoir en place béninois de Patrice Talon.

« Complicité d’actes terroristes »

L’ancienne garde des sceaux, opposante au pouvoir, âgée de 47 ans, a été condamnée samedi 11 décembre 2021, à vingt ans de prison, jugée coupable de « complicité d’actes terroristes », par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

« Cette cour a délibérément décidé de clouer au pilori une innocente » a clamé Mme Madougou peu avant l’annonce du verdict. « Je n’ai jamais été je ne serai jamais une terroriste ».

Son avocat, Robert Dossou, s’est exprimé à l’AFP : « C’est triste pour notre justice. Je maintiens qu’il n’y a pas de preuve. Jugée à 6 heures du matin, sans témoins, sans pièces, sans preuve, Teckya Madougou condamnée à vingt ans de prison par trois suppôts du pouvoir. Son crime : avoir incarné une alternance démocratique au régime de Patrice Talon ».

A la barre, Antoine Vey, un autre de ses avocats, avait ouvert l’audience en s’exclamant : « Cette procédure n’est qu’un coup politique. Avant même son arrestation, tout a été orchestré. »

Il a ensuite dénoncé auprès de l’AFP, « un procès qui n’a rien de judiciaire ».

L’ancienne ministre qui s’était présentée aux élections présidentielles d’avril 2021, et dont la candidature avait été rejetée, avait été arrêtée en avril, quelques temps avant le scrutin présidentiel remporté par Patrice Talon réélu avec 86 % des voix.

Bien que le gouvernement affirme que la Criet soit un organe judiciaire totalement indépendant des opinions politiques béninoises, une centaine d’opposants au pouvoir en place sont actuellement en détention, et de nombreuses ONG internationales des droits humains reconnaissent une dérive autoritaire du Bénin depuis la première élection de Patrice Talon en 2016. Le pays a été radié en 2020, de la liste des « pays sûrs » par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).

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