Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Burkina Faso : reprise du procès « Sankara » 

Le procès des assassins présumés de Thomas Sankara reprend cette semaine. Sont notamment attendus à la barre, les anciens ministres français Roland Dumas et Jack Lang.

Le 25 octobre le procès des assassins présumés du président du Burkina Faso, Thomas Sankara tué le 15 octobre 1987 a repris à Ouagadougou. Le cours du procès avait été interrompu deux semaines à la demande d’avocats de la défense commis d’office qui souhaitaient plus de temps pour pouvoir étudier « les 20 000 pièces du dossier ». Le procès se tient devant un tribunal militaire.

Ce premier jour, fut établie la liste de la soixantaine de témoins que le tribunal veut entendre. Le tribunal en effet souhaite entendre, l’ancien ministre français des affaires étrangères Roland Dumas, Jack Lang, ancien ministre de la Culture et Jean-Christophe Mitterrand, fils du président François Mitterrand, qui était conseiller pour les affaires africaines de son père au moment des faits.

Le réseau international « Justice pour Thomas Sankara, justice pour l’Afrique » s’est ému que le procès évite d’aborder le rôle joué par la France, les États-Unis et des pays ouest-africains comme la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny et le Togo de Gnassingbé Eyadema. A l’époque, ces pays goûtaient peu les prises de position anti-impérialistes de ce révolutionnaire adulé par la jeunesse africaine.

Dans le box des accusés, douze des quatorze personnes accusées étaient présentes dont le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l’armée lors du putsch de 1987. Cependant Blaise Compaoré le principal accusé qui fut porté au pouvoir par le putsch de 1987, était absent à la reprise du procès. Les avocats de B. Compaoré ont dénoncé « un simulacre de procès » devant « un tribunal d’exception ».

Blaise Compaoré, est accusé de « complicité d’assassinats », « recel de cadavres » et « attentat à la sûreté de l’État ». Il fut chassé du pouvoir en 2014 et vit depuis en Côte d’Ivoire.  Le général Diendéré, est sous le coup des mêmes chefs d’accusation. Celui-ci est déjà emprisonné, au Burkina Faso condamné à une peine de vingt ans de prison pour une tentative de coup d’État en 2015.

On retrouve également parmi les accusés des soldats de la garde présidentielle de Blaise Compaoré. L’ancien adjudant-chef Hyacinthe Kafando, est en fuite. Il est soupçonné d’être le chef du commando qui a assassiné Thomas Sankara.

Le procès, qui doit durer de deux à quatre mois, le temps à la Cour d’entendre tous les témoins.

 

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