Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Burkina Faso : les dossiers antiterroristes s’accumulent, des magistrats débordés
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Depuis 2015, plus de 1 500 personnes ont été tuées dans des attaques djihadistes au Burkina Faso selon l’ONG Acled. Créé en 2017, le pôle judiciaire spécialisé contre le terrorisme ne compte que quatre juges d’instruction pour 459 dossiers.

Les dossiers s’accumulent sur le bureau au pôle antiterroriste du Burkina Faso.

Trier selon la gravité

Toute nouvelle attaque sur le sol burkinabé ouvre une information judiciaire à traiter. Mais de l’attentat meurtrier, au combattant djihadiste à surveiller aux « femmes utilisées pour le ravitaillement en nourriture », l’expansion des violences est telle qu’il est quasiment impossible de toutes les traiter. Selon le procureur Émile Zerbo, il faut « trier en fonction de la gravité des faits ».

Sous-effectif chez les juges d’instructions au Burkina Faso

Dans les locaux du pôle spécialisé antiterroriste, crée en 2017, ils ne sont que quatre juges d’instruction pour 459 dossiers ouverts : « c’est trop peu, on est débordés. », se plaint l’un d’entre eux.

« Il aurait fallu qu’ils soient au moins cinquante, mais le manque de magistrats formés à été un grand obstacle », explique Victoria Ouédraogo Kibora, la ministre de la justice.

Au Burkina Faso, les attaques djihadistes ont débuté en 2015, et sont encore perpétuées partout sur tout le territoire aujourd’hui. On compte plus de 3 700 morts en six ans, selon l’ONG Acled.

Des pistes brouillées, une juridiction surmenée

Mais, stratégie de guerre oblige, les combattants ne revendiquent pas nécessairement leurs attaques et portent des surnoms pour désorienter les enquêteurs. Le travail d’investigation est alors énorme, complexe et ralenti par ces manœuvres : « Il faut beaucoup de dossiers pour remonter jusqu’à la tête du réseau », explique le procureur.

Les interrogatoires peuvent durer plusieurs mois, les preuves sont difficiles à trouver : « On peut avoir des indices, une dénonciation ou des contacts téléphoniques suspects, mais un élément matériel prouvant l’appartenance à un groupe, c’est complexe », explique un juge resté sous couvert d’anonymat pour nos confrères au Monde.

Face à ces enquêtes longues et fastidieuses, les familles des victimes se battent toujours pour demander la vérité et des réparations.

Pour seules et premières réponses, ces dernières années, 900 terroristes présumés ont été mis en cellules de prison près de Ouagadougou et le 9 août 2021, pour la première fois, cinq djihadistes ont été condamnés dans le pays.

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