Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire – La rupture entre Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien est consommée

Lors d’une réunion extraordinaire du comité central du FPI,  élargie aux élus EDS, lundi 9 août 2021 à Abidjan, Laurent Gbagbo a proposé de « laisser l’enveloppe (le FPI) vide  à Affi N’guessan, pour créer un nouveau parti politique.

« Nous sommes le Front Populaire Ivoirien. (…) Aujourd’hui, je suis revenu de prison, il nous faut avancer. je propose au comité central, la solution suivante : laissons Affi avec l’enveloppe qu’il détient et nous, nous allons prendre la décision dès aujourd’hui de créer notre propre parti avec le même contenu. Nous allons baptiser le FPI autrement. Nous allons continuer à lutter pour le développement, pour la décentralisation, pour l’industrialisation, pour les libertés etc. (…) le FPI c’est nous. Les bases sont là, les fédéraux sont là, les comités de base sont là, les secrétaires de section sont là, nous allons changer de nom, c’est tout !»  C’est  par ces termes que Laurent Gbagbo a annoncé officiellement sa rupture avec le Front populaire ivoirien, le parti qu’il a fondé dans la clandestinité, avec ses camarades, en 1982.  L’ancien opposant à Félix Houphouet Boigny évite ainsi un bras de fer avec son ancien premier ministre. Il  abandonne donc son instrument de lutte, qui l’a porté au pouvoir en 2000, aux mains de Pascal Affi N’Guessan, qui lui a succédé à la tête du parti depuis le 22 juillet 2001.  

Après la chute du régime de la Refondation ivoirienne et le transfèrement à la cour pénale internationale de l’ex-président ivoirien, un conflit pour le contrôle du parti a opposé Pascal Affi N’guessan, le président du FPI, qui invitait « à tourner la page Gbagbo », et les militants qui sont restés fidèles au fondateur du parti. La bataille juridique qui s’ est engagée a été à l’avantage de Pascal Affi N’Guessan, dont la légitimité est contestée par une frange des militants qui l’accuse de rouler pour le parti au pouvoir.

Selon Laurent Gbagbo, la rencontre qu’il a eue à Bruxelles, avec son ancien premier ministre, à la demande de ce dernier, en vue de trouver un terrain d’entente pour la réunification du parti, a accouché d’une souris : « Je l’écoutais, il a parlé et il a sorti un document  où il posait des revendications :  s’ il donne la présidence, il doit devenir (…) premier vice-président assurant l’intérim totalement. C’est à dire,  je prends la présidence du Parti, je deviens la reine d’Angleterre quoi. (…) Je l’écoutais, on dirait que c’est pas du FPI qu’il s’agit. (…) Mais ma décision définitive était prise. Je dis, on ne peut rien faire avec lui », a révélé l’ex-prisonnier de la CPI.

 À en croire Sébastien Danon Djédjé, le président du comité d’organisation du congrès constitutif du nouveau parti, l’assemblée aura lieu à Abidjan, dans la deuxième semaine du mois d’octobre. D’ores et déjà, des commissions travaillent à cet effet.

Cette décision n’est  cependant pas du goût du président du FPI, qui a aussitôt contre-attaqué . Car pour Affi N’Guessan, le père du retour au multipartisme en Côte d’Ivoire « endosse de manière assumée (…) devant l’histoire la responsabilité du schisme qui marque désormais l’épopée du Fpi. » «  Laurent Gbagbo a choisi la rupture et la division », a-t-il réagit.  Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le président du FPI déclare : « À l’issue d’une rencontre avec ses sympathisants ce lundi 9 août 2021, le Président Laurent Gbagbo vient d’annoncer qu’il abandonne la bataille inopportune et destructrice qu’il mène depuis 7 ans contre le Fpi et qu’il « va créer un autre parti avec le même contenu ». Ainsi, en réponse à ma demande d’audience, à ma volonté de dialogue en vue de l’unité du Fpi, Laurent Gbagbo a choisi la rupture et la division. Il enterre l’espoir qu’avaient nos militants, nos électeurs, nos sympathisants, en l’unité de la gauche, en la réconciliation de notre famille politique. »  Selon Affi N’Guessan, « cette décision, dictée essentiellement par la soif de pouvoir et la volonté de revanche, constitue un défi (…) »

Le cas  Simone Gbagbo 

Annoncée dans le comité de réflexion pour la création du nouveau parti, Simone Gbagbo a décliné l’offre et s’est offusquée de voir son nom sur la liste des membres : « Je reste dubitative devant ces pratiques et manquements, et je suis peu encline à m’associer à ce type d’initiative, car je mérite un minimum de respect et de considération“, a-t-elle signifié. L’ex-première dame a d’ailleurs brillé par son absence à la réunion du comité central convoquée  par Laurent Gbagbo, le  9 août 2021. Mercredi 15 septembre 2021, le Mouvement des Générations Capables a vu le jour.  Aujourd’hui, samedi 25 septembre 2021, l’assemblée Générale dudit mouvement est prévue au palais des sports de Treichville, à Abidjan.  Madame Djè Lou Béné , la présidente du Comité d’Organisation, et ses camarades ont demandé à Madame Simone Gbagbo de parrainer l’évènement. Une proposition qu’elle n’a pas rejetée.

Ainsi, après Affi Nguessan, le divorce politique semble être effectif entre les époux Gbagbo. Et la rumeur prête à Simone Gbagbo l’intention de créer un parti politique.

AUTEUR: Axel Illary
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