Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Coup d’État en Guinée : les putschistes déclarent détenir le président Alpha Condé

Des militaires des forces spéciales affirme détenir le président Alpha Condé réélu en 2020 pour un mandat très contesté et ont annoncé « dissoudre la Constitution et les institutions ». 

Le dimanche 5 septembre, les forces spéciales guinéennes ont affirmé avoir arrêté le président Alpha Condé et entendent le prouver en diffusant une vidéo adressée à un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP). La vidéo circule sur les réseaux sociaux à grande échelle.

Dans cette même vidéo, les putschistes disent vouloir « dissoudre » les institutions. « Nous avons décidé après avoir pris le président, qui est actuellement avec nous (…), de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions ; nous avons décidé aussi de dissoudre le gouvernement et la fermeture des frontières terrestres et aériennes », dit un des putschistes. « La situation sociopolitique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, la politisation à outrance de l’administration publique, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique ont amené l’armée républicaine (…) à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée », explique ce responsable militaire.

Celui-ci explique encore :« nous appelons nos frères d’armes à l’unité, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple de Guinée. Nous les invitons également à rester dans les casernes et continuer leurs activités régaliennes. Nous n’allons pas refaire les erreurs du passé ». Une autre vidéo circule également. On y voit Alpha Condé entouré des putschistes. Pour l’heure, la vidéo n’est pas authentifiée.

La situation est pour le moment confuse en Guinée. Le ministère de la défense a affirmé dans un communiqué que « les insurgés [avaient] semé la peur » à Conakry avant de prendre la direction du palais présidentiel, mais que « la garde présidentielle, appuyée par les forces de défense et de sécurité, loyalistes et républicaines, ont contenu la menace et repoussé le groupe d’assaillants ».

Les tensions et la tentative de coup d’État actuelle pourraient être due au limogeage, la tentative d’arrestation ou de marginalisation du commandant des forces spéciales, unité bénéficiant de moyens supérieurs aux autres forces de sécurité et susceptible d’avoir suscité des jalousies. C’est ce qu’affirme un diplomate occidental.

Le pays vit de graves moments de tension et de violence depuis octobre 2020, date de la candidature du président Alpha Condé à un troisième mandat. Cette annonce avait généré des manifestations violentes ayant causé des dizaines de morts. Alpha Condé âgé de 83 ans a été proclamé président pour un troisième mandat le 7 novembre, alors qu’une dérive autoritaire est dénoncée par les observateurs. Cependant Alpha Condé a fait adopter en mars 2020 une nouvelle Constitution afin de « moderniser (les) institutions » et accorder une plus grande place aux femmes et aux jeunes. L’opposition en son temps dénonçait un « coup d’État » constitutionnel.

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