Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Gabon – « Biens mal acquis » de la famille Bongo: la BNP Paribas ne reconnaît pas d’« infraction frauduleuse »
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Dans l’affaire des « biens mal acquis » de la famille Bongo, le directeur juridique de la BNP Paribas a déclaré, face aux magistrats, qu’il jugeait limité l’implication de la première banque française dans le blanchiment d’argent qui a permis à la famille Bongo d’acheter notamment une villa à Nice et de deux hôtels particuliers à Paris.

Mise en examen le 11 mai 2021 pour le blanchiment d’« au moins 35 millions d’euros », la BNP Paribas, par la voix de son directeur juridique, interrogé par le juge, a reconnu des « carences » mais a refusé de reconnaître tout « dessein frauduleux ».

 

La banque face à la justice

 

Ces millions d’euros blanchis avaient permis à la famille Bongo d’acquérir différentes villas et des hôtels particuliers en France. Le juge d’instruction Dominique Blanc soupçonne la banque d’avoir aidé, via une société de décoration intérieure appelée Atelier 74, de « convertir des fonds d’origine délictuelle dans des opérations immobilières », entre 1996 et 2008.

La justice française suppose qu’Atelier 74 a pu recevoir sur ses comptes à la BNP (donc en France) de l’argent en provenance de sa filiale Afrique, au moyen d’un compte à la BGFI, une banque gabonaise.

Mais selon Georges Dirani, directeur de la BGFI, la BNP Paribas ne savait pas que la famille Bongo « tirait les ficelles » du mécanicisme financier mis en place et que l’argent provenait de potentiels détournements de fonds publics gabonais.

 

Une famille blanchie, une banque acculée

 

En mai dernier, l’AFP a fait éclater cette affaire mettant en cause la première banque française et européenne, en révélant l’ouverture d’une longue instruction qui porte sur le très luxueux patrimoine immobilier de la famille d’Omar Bongo, l’ancien président gabonais, décédé en 2009.

Si aucun membre de sa famille, à commencer par son fils Ali, n’est actuellement poursuivi à ce sujet, la BNP Paribas, elle, l’est pour des faits de « blanchiment de corruption et de détournement de fonds publics ».

« Il est difficile de croire que la banque à cette période n’a pas demandé des justificatifs de virement : origine des fonds, l’existence de contrat ou de convention passées entre ces deux entités », selon l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) dans une note de septembre 2020.

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