Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire : la cherté de la vie est une fois de plus décriée

En Côte d’Ivoire, la population dénonce depuis quelques jours la flambée des prix. La cherté de la vie occupe de nouveau l’actualité dans le pays.

Les prix de certains produits de grande consommation ont connu une hausse au cours des dernières semaines en Côte d’Ivoire. 

Selon le pouvoir ivoirien, qui évoque plusieurs raisons expliquant cette situation, le cas n’est pas spécifique à la Côte d’Ivoire, car d’autres pays africains subissent également une  flambée des prix, à cause de la Covid-19, des bouleversements climatiques, des coupures d’électricité, etc. 

Mais pour le député ivoirien, Assalé Tiémoko, « Le manque de produits vivriers sur le marché, au point de voir leur prix exploser, est une honte, même  une honte nationale. Sur la question de la cherté des produits vivriers produits en Côte d’Ivoire, l’un des moyens les plus efficaces pour faire baisser les prix est de produire en quantité suffisante. » 

Plusieurs associations montent au créneau pour interpeller les autorités ivoiriennes sur  la cherté de la vie en Côte d’Ivoire, pays dont la capitale, Abidjan, est classée 6ème ville la plus chère en Afrique et occupe le 36ème rang au niveau mondial, selon le cabinet américain Mercer, qui a publié un rapport en 2020.

Vendredi 23 juillet 2021, la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (Fenacci) a critiqué les taxes imposées aux commerçants, qui ne sont pas sans conséquences sur le coût de la vie.  « Si vous augmentez les impôts, ils augmenteront les prix », a martelé M. Soumahoro Farikou, le président de la faîtière, dans une déclaration qui rejoint la position que défendait, en octobre 2016,  Mamadou Koulibaly, le fondateur  de Liberté et démocratie pour la république (LIDER). L’ancien président de l’Assemblée  nationale, sous Laurent Gbagbo, tirait alors la sonnette d’alarme en ces termes  : « Vous pensez que le Président Ouattara va financer tout ce lot avec quoi ? Les sénateurs, les conseillers économiques et sociaux, le vice-président, le gouvernement, le Premier ministre… Etc. Ce sont vos impôts. Oui à ce référendum, mais demain ne venez pas dire que la vie est chère. Dans l’État, quand vous gérez des dépenses, il faut des recettes pour les financer… Il n’y a pas de dîner gratuit… Si vous acceptez le Sénat, vous (les Ivoiriens) paierez les sénateurs. Si vous acceptez les conseillers économiques et sociaux, ces députés, ce vice-président, vous les paierez. Et c’est le courant, l’eau, le téléphone, les médicaments, l’essence… Etc qu’ils vont augmenter et vous paierez les taxes. Ne venez pas dire après que la vie coûte cher alors que vous-mêmes, vous avez voté pour des dépenses supplémentaires… »

Le gouvernement ivoirien, de son côté, s’est engagé à « prendra des mesures d’encadrement des prix sur le marché face à la cherté de la vie, en cas de nécessité. »

Au cours d’une conférence de presse, dimanche 25 juillet, Souleymane Diarrassouba, le ministre ivoirien du Commerce et de l’industrie, a déclaré que  la concertation se poursuit « avec les différents acteurs (pour) trouver des solutions durables qui n’obèrent pas le pouvoir d’achat des populations. »

En 2018, une situation similaire s’était produite dans le pays. « Les enquêtes d’opinion réalisées en 2014 et en 2017 ont montré que les trois principaux postes de dépenses des ménages ivoiriens sont l’alimentation (25 %), le logement (13 %) et le transport (12 %). Concernant l’alimentation, le coût élevé des produits vivriers est lié au climat caractérisé par une faible pluviométrie. Cela affecte la disponibilité des produits, face à une demande forte. L’éloignement des zones de production, par rapport à la ville d’Abidjan, affecte la fréquence des approvisionnements et impacte les prix à la hausse. Enfin, la croissance démographique, marquée par une urbanisation galopante, le coût du transport, l’existence de cartels et les pratiques spéculatives et anticoncurrentielles expliquent aussi le renchérissement des prix. », avait argumenté le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises, Souleymane Diarrassouba, qui se confiait au site gouv.ci.

 

AUTEUR: Axel Illary
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