Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Mali : la Minusma demeure, Barkhane s’en va  

La mission onusienne doit voir son mandat renouvelé d’ici à la fin juin. Pas de changements attendus pour ce qui demeure une mission de maintien de la paix.

A l’annonce de la prolongation du mandat de la Minusma au Mali, il ne devrait pas y avoir de modifications des modalités d’intervention. Alors même que la fin de la mission française Barkhane vient d’être annoncée ; cela ne préfigure officiellement rien en ce qui concerne la mission de la Minusma. Cependant les troupes sur place sont conscients et du rôle des troupes de Barkhane et des éventuelles conséquences de leur absence. « Dans certaines zones, la simple présence de Barkhane est dissuasive, explique un responsable militaire onusien, et quand on subit de grosses attaques, ce sont eux qui nous défendent. »

Ainsi selon les propos de certains militaires onusiens  « Le retrait français va laisser le champ libre aux jihadistes ». Tant du point de militaire que du point de vue du partage d’informations. La rigueur et la qualité des systèmes d’infos des Français va manquer aux parties-prenantes demeurant sur place.

Enfin et surtout, c’est le maillage qui inquiète : « Ils vont laisser du vide, déplore un général de la force onusienne en poste dans le Nord ». « Barkhane fait du contrôle de zone, c’est une force mobile qui gêne les mouvements des jihadistes », abonde le Casque bleu de Tombouctou. Selon lui, « le G5 n’aura pas le même niveau, Takuba mène des opérations ciblées et ponctuelles, donc le retrait français va laisser le champ libre aux jihadistes », prédit-il sans cacher son pessimisme. « Ils se répandront sur davantage de surface, et là où ils viennent une fois dans le mois, ils pourront venir trois fois […] les populations subiront davantage leur loi ».

La force française Barkhane et les Casques bleus de la Minusma n’opèrent pas ensemble : la première a une visée antiterroriste offensive, de renseignement et d’attaque, lorsque la seconde est au Mali pour assurer le maintien de la paix, avec une simple capacité de réaction et de réplique, même si elle peut s’avérer robuste. Mais elles collaborent, notamment pour le partage d’informations, et surtout partagent le même terrain d’action et les mêmes ennemis. À ce jour, la Mission onusienne n’a pas réagi à l’annonce du retrait de la force Barkhane et indique toujours « évaluer les éventuelles conséquences ».

 

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