Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Nouveau créneau pour la scène artistique ghanéenne : plateformes numériques, blockchain et NFT

Dorénavant les « jetons non fongibles », une technologie qui permet d’authentifier une œuvre numérique,  permettent d’ouvrir un nouveau marché de l’art pour les crypto-artistes.

L’art contemporain ghanéen a émergé depuis quelques temps sur la scène internationale grâce à des artistes comme Amoako Boafo, plasticien qui a inspiré la collection printemps-été de Dior Homme ; et Serge Attukwei Clottey, connu pour ses tapisseries faites de plastique de jerrycans de récupération. Pour autant le Ghana ne compte que quelques galeries et le marché de l’art souffre notamment en raison de la crise sanitaire due au Covid19.

Le salut de la scène artistique africaine et plus encore ghanéenne apparaît sous un jour inédit.

KnownOrigin et d’autres plateformes d’art numérique comme SuperRare ou MakersPlace vendent en monnaies virtuelles des titres de propriété sous forme de NFT. NFT signifie « non-fungible token » (jeton non fongible, en français). Ce sont des actifs numériques qui permettent d’acquérir des œuvres d’art immatérielles en fournissant un système de certification infaillible et infalsifiable grâce à la blockchain. « L’exploit de la blockchain, c’est d’être parvenu à transférer le concept d’authentification à l’œuvre numérique alors qu’il était auparavant réservé à l’art traditionnel » explique ainsi Ahmed Partey, pionnier des crypto-artistes ghanéens.

La révolution de la blockchain a modifié les règles du jeu pour les crypto-artistes.  Avant une œuvre numérique était téléchargeable et reproductible à l’infini, sans moyen d’en retracer l’origine. Ce n’est plus le cas avec la blockchain et les NFT : « Si un collectionneur veut acheter mon œuvre, la blockchain peut désormais lui certifier qu’il s’agit bien de l’original et c’est cette authentification qui fait sa valeur » explique Ahmed Partey.

Le marché des NFT est un marché naissant, qui n’a pas encore révélé tout le potentiel de biusiness qui peut être le sien. Et les collectionneurs se n’y trompent pas. Pour exemple, le 11 mars, une mosaïque numérique réalisée par l’artiste américain Beeple  « Everydays : the First 5 000 Days » s’est vendue 69,3 millions de dollars (58,2 millions d’euros) chez Christie’s.

De même le 30 mars, un tableau du ghanéen David Alabo, « Incendies » a été mis aux enchères sur la plateforme KnownOrigin, une galerie virtuelle où l’art numérique se vend. Six heures après l’œuvre était vendue pour trois ethers, l’équivalent de 4 979 euros dans cette crypto-monnaie. David Alabo fut lui-même surpris et pense qu’ « avec les crypto-monnaies, on tient le moyen de montrer une autre facette de la jeunesse africaine, honnête et talentueuse. ».

Source : Le Monde Afrique

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