Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire : la production de noix de cola explose

La noix de cola prend son envol sous la demande croissante des industries pharmaceutique, textile et agroalimentaire.

« En 1995, le pays ne produisait que 60 000 tonnes, et en 2012, 192 000 tonnes » explique Ibrahim Keïta, leader du collectif d’exportateurs le plus important d’Anyama, ville située au nord d’Abidjan. La culture de la noix de cola génère aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel estimé à 100 milliards de francs CFA (environ 152 millions d’euros).

La Côte d’Ivoire se présente comme le principal producteur mondial de la graine du colatier, devant le Nigeria. 90 % de la production ivoirienne est exportée dans les pays de la sous-région, dont les trois quarts au Nigeria.

La cola est en train de se créer une place de choix dans les cultures ivoiriennes dont la première place est occupée par le cacao, suivi du café, de l’hévéa, de l’anacarde puis du coton. Cependant la demande est croissante et la filière s’organise. Intercola, l’association interprofessionnelle a été créée en 2017 et réunit les producteurs, les commerçants, les exportateurs et les transformateurs.

La noix de cola n’est donc plus confidentielle et ses vertus et sa composition ont séduit l’industrie pharmaceutique car « c’est un produit euphorisant et aphrodisiaque, un coupe-faim, un puissant astringent, un antioxydant et un diurétique » selon le docteur Henri Biego, consultant en sécurité alimentaire. La cola intéresse aussi l’industrie textile, notamment « celle du pagne, qui s’en sert pour la coloration » toujours selon M. Biego.

La filière s’organise sous la pression de la demande croissante des plusieurs industries, dont la première et plus connue pour son usage de la noix de cola : l’industrie agroalimentaire. Ainsi la consommation de boissons gazeuses dites colatées sont les premiers produits demandeurs de graine de cola.

Bien que les recettes soient tenues secrètes, Coca-Cola et Pepsi-Cola ne font pas mystère de l’ingrédient principal de leurs produits phare. La forte teneur en caféine – « 3 % contre 2 % dans le café » est très utile pour les producteurs de boissons stimulantes et énergisantes.

L’accroissement de la demande de cette noix, fait évoluer le secteur et la filière. La cola séduit aussi les producteurs de cacao ivoirien, qui comprennent le potentiel économique de cette noix. « Avant, ils s’intéressaient à peine aux colatiers qu’ils avaient sur leurs champs, mais depuis que la demande augmente, ils ont compris l’intérêt et la rentabilité de cette culture qui se prête à plusieurs récoltes dans l’année », explique M. Doucouré, président d’une association de producteurs.

Il demeure cependant nombre de questions à régler sur cette filière, notamment le prix de cette matière première.  Le produit demeure spéculatif, les petits producteurs peinent à faire face aux pressions des négociants. Ainsi en 2020, année, le prix a pouvait aller de 50 à 600 francs CFA/kg. Les outils de régulation ne sont pas encore d’actualité un « prix bord-champ national » sera bientôt annoncé chaque année par les autorités. La noix de cola ivoirienne a de beaux jours devant elle et ne devrait pas tarder à occuper une place prépondérante dans l’économie ivoirienne.

Source : Le Monde Afrique

 

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