Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
La Côte d’Ivoire muscle sa lutte contre la contrebande de noix de cajou

Un quart de la production d’anacarde est vendue de manière illicite dans les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire.

« Chaque année, la fuite de la production est une grande préoccupation » déclare Adama Coulibaly, directeur du Conseil coton anacarde (CCA) ivoirien qui gère la filière.  La Côte d’Ivoire décide de lutter plus activement contre la contrebande de noix de cajou. Près d’un quart de la production s’évade vers les pays voisins, comme le Burkina Faso et le Ghana.

La Côte d’Ivoire est le numéro Un mondial de la production de noix de cajou. Conscient de l’enjeu stratégique autour de la production de cet « or gris », le pays décide de durcir le ton en termes d’arsenal juridique et sensibilisation des planteurs / producteurs.

L’année 2020 s’est conclue par une hausse de 33 % de la récolte, soit plus de 840 000 tonnes. Ainsi 297 milliards de francs CFA (453 millions d’euros) ont été distribués aux producteurs.

Si les chiffres sont excellents, ils ne doivent pas faire oublier que c’est « entre 150 000 et 200 000 tonnes qui ont été vendues illicitement » en 2020 vers les pays voisins. En 2020, la Côte d’Ivoire a musclé son arsenal juridique par une nouvelle ordonnance gouvernementale. Celle-ci abrogeait celle de 2018 jugée « inefficace » pour lutter contre la contrebande. Contrebande qui touche également, outre la noix de cajou, le cacao.

« Il faut taper fort, là où ça fait mal, sur le portefeuille » de ceux qui organisent ce trafic, dont la plupart sont installés dans les pays environnants, a déclaré M. Coulibaly. Le contrevenant risque désormais jusqu’à 10 ans de prison, 50 millions de francs CFA (76 000 euros) d’amende et la saisie de sa récolte.

Cependant, les facteurs qui poussent à la contrebande sont multiples. Ainsi, certains expliquent qu’un bon prix payé aux planteurs et une meilleure qualité du produit seraient les meilleures réponses à apporter pour lutter contre l’évasion de « l’or gris ». « Ici, les prix fixés entre 400 et 500 francs CFA le kilo ne sont pas respectés, alors que nous arrivons à l’écouler entre 800 et 1 500 francs CFA le kilo au Burkina Faso » affirme ainsi un producteur d’anacarde.

Outre l’arsenal répressif, des campagnes d’information et sensibilisation sont déployées. Un « comité d’éveil » dirigé par le préfet a été créé. Composé d’acheteurs, de policiers, de gendarmes et de militaires, le comité a pour fonction d’informer et de sanctionner.

Le secteur économique de l’anacarde compte 350 000 producteurs et si le mouvement répressif doit s’accentuer pour lutter contre la fraude ; le pays ne peut faire l’économie d’une restructuration du secteur. L’Afrique assure environ 90 % de la production mondiale de noix de cajou, mais n’en transforme localement que 10 %. Alors que des gisements de profits sont inexploités en matière de transformation de l’or gris.

Source : Le Monde Afrique

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