Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Climat tendu au Sénégal alors que l’opposant Ousmane Sonko est accusé de viol

L’accusation de viol Ousmane Sonko déclenche des heurts dans la capitale et l’ire du principal intéressé qui dénonce une « machination ».

Devant son domicile, des dizaines de sympathisants ont manifesté leur soutien à Ousmane Sonko le 8 février, jour de la convocation de celui-ci à la gendarmerie nationale. Ousamne Sonko est accusé de viol ainsi que de menaces de mort et c’est la capitale qui est secouée de manifestations.

Une jeune femme de 20 ans qui travaille dans un salon de beauté et de massage affirme que M. Ousmane Sonko, aurait exigé des « faveurs sexuelles » et l’aurait menacée de deux armes. « Il m’a transformée en objet sexuel et je n’arrive plus à vivre ces viols répétés », dit-elle, selon un extrait de la plainte diffusé dans des médias sénégalais.

Le principal incriminé, Ousmane Sonko réagit très vivement aux accusations et dénonçe un complot. « Khalifa Sall, Karim Wade… Tous les adversaires politiques de Macky Sall ont été éliminés. Sonko est le seul espoir. S’il est arrêté, le Sénégal n’aura plus d’opposition », lance Ibrahima Dia, jeune sympathisant.

Les manifestations de sympathisants, loin de se calmer se sont transformées en heurts avec les forces de l’ordre.

Sonko avait déclaré à la presse qu’il ne souhaitait pas se rendre à la convocation de la gendarmerie « si la voie légale [n’était] pas respectée ». « Il faut nécessairement que l’Assemblée nationale soit saisie afin de lever l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko, car cette poursuite a été initiée en dehors d’un flagrant délit. Sans cela, les poursuites ne peuvent pas avoir lieu », déclare son avocat, Bamba Cissé, qui assure que M. Sonko répondra aux enquêteurs une fois que son immunité sera levée.

« Il est toutefois impossible que des faits de viol aient pu être commis à cet endroit-là, à cette heure-ci, dans les circonstances décrites par la victime » a également précisé Me Cissé.

Si la réaction des sympathisants apparaît violente, elles font échos aux tensions et heurts qui ont émaillé la campagne présidentielle. Sonko était apparu comme le candidat des jeunes. « Son discours repose sur la rupture et les difficultés socio-économiques du pays : cela a captivé beaucoup de jeunes qui s’identifient à la critique du système politique et à l’appel à davantage de transparence dans la gestion des ressources » analyse Moussa Diaw, enseignant-chercheur à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis.

Sonkoa prévu de déposer plainte le 9 février, contre son accusatrice pour « atteinte à l’administration de la justice par fabrication d’éléments de preuve, tentative d’escroquerie à jugement et association de malfaiteurs », précise MeCissé ».

Source : Le Monde Afrique

 

 

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