Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Sénégal : partenariat historique avec les Émirats arabes unis

Les investissements émiratis sont de plus en plus nombreux au Sénégal. Nouvelle émanation à ce jour ; le projet de port en eau profonde de Ndayane piloté par Dubaï Port World. 

Au Sénégal, un projet d’envergure montre les souhaits du pays de nouer de nouveaux partenariats étrangers : « nous avons beaucoup travaillé avec la France et l’Occident. En 2000, nous nous sommes aussi tournés vers la Chine, puis vers la Turquie et maintenant le Moyen-Orient » explique ainsi, Khadim Bamba Diagne, enseignant chercheur au laboratoire d’analyse de recherche économique et monétaire.

Fin décembre 2020, un accord pour la construction de ce port et de sa zone économique spéciale sur 1 200 hectares a été signé avec le groupe émirati Dubaï Port World (DP World), troisième exploitant portuaire mondial. Le projet pharaonique concrétise « le plus important investissement privé de l’histoire du Sénégal » comme l’a précisé le président Macky Sall.

Le groupe émirati Dubaï Port World va donc investir plus de 840 millions de dollars dans la réalisation de la première phase du port en eau profonde de Ndayane.

DP World n’est pas un nouveau venu dans le paysage économique sénégalais. En effet   déjà en 2008, DP World avait été choisi pour gérer le port autonome de Dakar. « Au total, 125 milliards de francs CFA [190,5 millions d’euros] ont été mobilisés pour acquérir du matériel et des équipements performants, et pour renforcer la compétitivité de Dakar en Afrique de l’Ouest », précise Ali Sultan Rashid Alharbi, ambassadeur des Emirats au Sénégal.

Le terminal porturaire de Ndayane a vocation à devenir un « hub logistique international ». Le futur port doit décongestionner la capitale sénégalaise et lui permettre de délocaliser le trafic des camions à destination du Mali, qui pays dépend de Dakar pour ses importations.

Le Sénégal se présente pour Les Emirats arabes unis comme une porte d’entrée vers le continent. En effet le pays est stable politiquement et économiquement.  « La main-d’œuvre est qualifiée et peu chère, le cadre administratif et le climat des affaires sont rassurants et des accords de coopération ont été signés entre les deux pays comme la non double imposition sur les revenus » précise l’ambassadeur M. Alharbi.

Le partenariat portuaire est l’un des nombreux projets que le Sénégal pourrait nouer avec Les Emirats arabes unis. Macky Sall a rencontré les milieux d’affaires émiratis à Dubaï en février 2020. « Des contacts ont été noués dans les domaines de l’hôtellerie et du transport aérien. Nous sommes encore dans la première étape des négociations », indique l’ambassadeur M. Alharbi.

Le fonds émirati Khalifa pour le développement des entreprises participe quand à lui, au financement de différents projets d’infrastructures.  La construction d’une route nationale le long de la vallée du fleuve Sénégal. Est d’ores et déjà actée. Et début 2020, un centre d’incubation pour start-up à Dakar a été financé à hauteur de 20 millions de dollars.

Cependant avec 43 % du stock d’investissements directs étrangers, la France demeure le premier investisseur dans le pays, mais pour combien de temps encore ? « Multiplier les partenaires financiers permet au Sénégal d’apprécier les offres et de choisir en fonction de ses propres intérêts » déclare Khadim Bamba Diagne.

Source : Le Monde Afrique

 

 

 

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