Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
En Mauritanie, Dioully Oumar Diallo a créé une appli pour protéger les femmes

L’application mobile créée par Dioully Oumar Diallo permet de sécuriser les trajets des Mauritaniennes.

Dioully Oumar Diallo est une militante se bat contre les violences faites aux femmes en Mauritanie. Cet ingénieur est né à Nouakchott. Elle a suivi des études secondaires au Sénégal, puis a obtenu un master 2 en réseaux et télécommunications à l’université de Dakar. A son retour au Mali en 2012, elle fait le constat que le statut de la femme a régressé ; elle considère que « la femme mauritanienne se renferme de plus en plus, car la société est de moins en moins tolérante »« Avant, on en croisait beaucoup plus dans les restaurants et les espaces publics » observe Dioully Oumar Diallo

« Durant mes quelques années d’absence, les mentalités avaient changéNouakchott n’était plus la ville paisible de mon enfance. Mes petites sœurs étaient abordées ou importunées dans des taxis, j’avais peur pour elles. En 2013, c’est une mère de famille qui a été kidnappée par un chauffeur puis massacrée dans un stade. »

Dioully Oumar Diallo réfléchit alors aux moyens qui pourraient sécuriser les femmes, notamment dans l’espace public.  Elle créée alors Taxi Secure, une application gratuite qui permet, depuis un téléphone portable, d’identifier un taxi grâce à sa plaque d’immatriculation, d’envoyer rapidement un message d’alerte si le chauffeur devient menaçant et enfin de géolocaliser le véhicule. Taxi Secure remporte le Prix de l’engagement associatif de l’ambassade de France.

Cependant l’ingénieux inventeur appréhende rapidement les limites de son application mobile estime alors que celle-ci ne suffit pas pour lutter contre les violences qui se multiplient dans le pays au fil des années.  « J’ai compris dans un second temps que le meilleur moyen de se défendre, c’était d’assurer soi-même sa sécurité », poursuit Dioully Oumar Diallo. En 2016, elle crée RIM Self Defense, une association où, après avoir suivi une formation de six mois, les filles peuvent enseigner gratuitement dans les quartiers de la capitale et partager leur savoir.

« Les techniques que j’ai apprises m’ont donné confiance en moi », explique Fatimata Sow, qui a suivi les cours pendant un an après une agression sexuelle chez elle : « Pendant les entraînements, je retrouvais des copines et on s’échangeait des conseils. Progressivement, je suis devenue moins timide. ».  Les dojos de RIM Self Defense sont financés en partie par la coopération française.

« Il n’y a pas d’espace public féminin en Mauritanie, rappelle Dioully Oumar Diallo.  La situation reste d’autant plus difficile dans le pays que si une femme porte plainte pour viol, elle n’est pas à l’abri d’être accusée d’adultère. »

Le droit mauritanien en effet est fondé sur la charia, la loi islamique. En 2016, un projet de loi, porté par le gouvernement, prévoyait par exemple l’aggravation des peines pour viol, la pénalisation du harcèlement sexuel et la création de chambres spécifiques pour les affaires de violences sexuelles. Mais à deux reprises, en 2017 et en 2018, il a été rejeté par le Parlement. « Cette loi, qui a ensuite été revue par la société civile mais aussi par des oulémas [théologiens de l’islam], est prête », assure Sektou Mint Mohamed Vall, présidente de l’Association mauritanienne d’aide aux nécessiteux (Amane) et du Collectif pour les droits des femmes : « Il faut qu’elle soit votée rapidement par les parlementaires, car il y a actuellement une recrudescence des viols et des violences faites aux femmes. »

Source : Le Monde Afrique

 

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