Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire – Vers une violation de la Constitution ?

Après un scrutin présidentiel boycotté par l’opposition qui conteste la légalité de son élection, Alassane Ouattara prêtera serment le 14 décembre 2020, conformément à la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire, afin d’ être investi pour un troisième mandat jugé anticonstitutionnel par ses adversaires.

Seulement, l’article 59 de la Constitution ivoirienne stipule  que : « Après la proclamation définitive des résultats par le conseil constitutionnel, le président de la république élu, prête serment sur la constitution devant le conseil constitutionnel, réuni en audience solennelle. Le vice-président de la république assiste à la cérémonie de prestation de serment. La prestation de serment du président de la république élu, a lieu le deuxième lundi du mois de décembre de la cinquième année du mandat du président de la république en fonction (…) »

Au regard de ce qui précède, l’on est en droit de se demander si cette cérémonie aura lieu, étant donné que le fauteuil du vice-président est jusqu’à ce jour vacant.

En effet, depuis la démission de Daniel Kablan Duncan, le 8 juillet 2020, le poste n’a pas été pourvu.

Ainsi, pour respecter la Constitution ivoirienne, Alassane Ouattara doit nommer, dans les jours à venir, un vice-président avant sa prestation de serment.

L’annonce de sa candidature, en août 2020,  pour briguer un troisième mandat, a  fait basculer la Côte d’Ivoire dans la violence. Les manifestations organisées par l’opposition et la société civile ont occasionné 85 morts et 484 blessés, selon les autorités ivoiriennes.

Le Conseil National de Transition, mis sur pied par  l’opposition, qui a pour buts de « préparer le cadre de l’organisation de l’élection présidentielle juste, transparente et inclusive », « mettre en place, dans les prochaines heures, un gouvernement de transition » et « convoquer les assises nationales pour la réconciliation nationale en vue du retour à une paix définitive en Côte d’Ivoire », est  accusé par le gouvernement ivoirien de vouloir « se substituer aux institutions républicaines légalement constituées ». Son porte-parole, Pascal Affi N’guessan, a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi 7 novembre.

Quelques mois plus tôt, Édith Pulcherie Gbalet, une militante de la société civile, a été mise aux arrêts après avoir appelé à manifester contre la candidature d’Alassane Ouattara. Depuis le 12 août, elle est emprisonnée à la MACA.

Avec eux, plusieurs autres personnes sont en détention pour les mêmes motifs.

Pour décrisper l’atmophère, Alassane Ouattara a invité ses adversaires au dialogue. Le 11 novembre 2020, il rencontrait, à sa demande, Henri Konan Bédié, le chef de file de l’opoosition. Mais depuis, les discussions n’ont pas avancé. L’opposition qui a posé « des préalables non-négociables », attend que ceux-ci soient satisfaits.

“Il n’est pas possible de continuer ce dialogue sans la libération de tous nos millitants et membres de l’opposition comme Pascal Affi N’Guessan et la levée du blocus au domicile des opposants comme Hubert Oulaye, donc j’ai suspendu ce dialogue jusqu’à ce que nos frères soient libérés, et le retour effectif de nos frères en exil. C’est un préalable non négociable », a déclaré Henri Konan Bédié dans un communiqué publié vendredi 20 novembre sur sa page Facebook.

AUTEUR: Axel Illary
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