Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Deuil national après le décès de Jerry Rawlings, père de la démocratie ghanéenne 

Le pays se recueille en observant un deuil national de sept jours, après l’annonce du décès le 13 novembre de Jerry Rawlings ancien président et figure de la démocratie ghanéenne.  

Jerry Rawlings fut Président du Ghana 1981 à 2001. Après trois coups d’État, le militaire qu’était Jerry Rawlings arrive au pouvoir et se meut en un leader politique qui sera élu démocratiquement en 1992. Depuis, le pays vit les transitions politiques de manière apaisée, faisant figure d’exemple sur le continent africain.

« Un grand arbre est tombé et le Ghana s’est appauvri par cette perte » a déclaré le président Nana Akuffo Addo ; annonçant un deuil national de sept jours à partir de vendredi 13 novembre. De fait les principaux partis politiques ont suspendu leur campagne respective alors que le scrutin présidentiel le 7 décembre.

Pour certains économistes, Jerry Rawlings « a posé d’une certaine manière des bases de la prospérité ghanéenne » a déclaré l’économiste international Papa Demba Thiam. Fort est de constater la belle réussite du pays.

Le Ghana est devenu une économie solide et prometteuse en Afrique. Le Ghana est le deuxième producteur mondial de cacao après la Côte d’Ivoire, est riche d’un sous-sol fertile en ressources naturelles et agricoles : bauxite, aluminium, or, diamant, manganèse, café, noix de cajou, noix de coco, ananas, …

Papa Demba Thiam précise une des raisons des succès du pays, qui affiche un PIB haussier sans discontinuer : « Ce qui m’a frappé au Ghana c’est que la plupart des dirigeants ont chacun donné un visage différent au pays, mais leurs actions se sont généralement inscrites dans la continuité de ce qu’a fait Rawlings ».

Jerry Rawlings dés son arrivée au pouvoir s’est fait intransigeant et exigeant. Les débuts sont arides, d’autant qu’il parvient à la mandature suprême alors que l’inflation est galopante et le déficit budgétaire abyssal. Jerry Rawlings commence par assainir le contexte économique de son pays, en se lançant dans une croisade contre la corruption. Et ce alors même la crise économique frappe le pays. A cette même époque, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) réapparaissent dans le paysage ghanéen, contraignant Rawlings à des politiques drastiques de réformes structurelles

« Beaucoup de gens, même dans son entourage, étaient étonnés de le voir recourir aux institutions de Bretton Woods, parce que Jerry Rawlings était un anti-institution capitaliste. Mais il s’était retrouvé face au besoin crucial de payer ses troupes et d’alimenter les caisses de l’Etat. Après il faut dire que pendant les premières années de Jerry, personne ne pouvait broncher. Et c’était aussi la preuve que les programmes de la Banque mondiale et du FMI ne pouvaient être vraiment appliqués que dans des régimes autoritaires. » analyse Papa Demba Thiam.

 C’est à partir des années 1990 que les réformes de Rawlings commencent à montrer leur efficacité. Il devient de plus en plus populaire au point d’être élu en 1992, puis en 1996. « A son arrivée au pouvoir au début des années 1980, la priorité ne pouvait pas tellement être le développement économique, mais plutôt l’édification d’un Etat de raison au Ghana pour le développement du sens civique et moral » précise Papa Demba Thiam.

Jeffrey Haynes, professeur émérite de politique et coordinateur de la gouvernance et des relations internationales à la London Metropolitan University résume ainsi les actions de celui qui a mené le pays vers la croissance : « le gouvernement de Rawlings, initialement chaotique, puis autoritaire et enfin démocratique […] a réussi à amener le Ghana à travers les incertitudes des années 1970 à l’équilibre politique et à l’équilibre économique comparatif des années 1990 et au 21e siècle. »

Source : La Tribune Afrique

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