Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Au Mali, Bah N’Daw s’attaque aux reformes du secteur aurifère

Bah N’Daw, président de la transition malienne veut réformer le secteur minier, et plus particulièrement le segment aurifère du marché.

Le président de la transition, Bah N’Daw s’appuyant sur le rapport 2019 du Vérificateur Général du Mali s’attaque au chantier de la réforme du secteur aurifère. Le dit-rapport fait état d’irrégularités sévères et révèle « 60,53 milliards de Fcfa [environ 108,2 millions de dollars] d’irrégularités financières dans le secteur minier » l’année dernière, dont plus de 527 000 dollars d’impayés d’impôts par une société étrangère, le non-paiement des dividendes à l’Etat en 2015, 2016 et 2017 sur SOMILO-SA et des emprunts réalisés par la société publique au nom de l’Etat sans documents justificatifs.

« Tout sera fait pour que l’Etat assume ses responsabilités et reçoive de ce secteur vital [secteur minier, ndlr] ce qui lui est dû. Certes, le contrat qui lie notre pays à ses partenaires ne doit léser personne […] Mais il est hors de question pour moi que l’or du Mali ne brille pas pour le Mali « a ainsi déclaré Bah N’Daw.

Le chef d’Etat de transition a déclaré que « personne n’y échappera ».

Le secteur compte pour 23% du PIB. L’or est la première source de revenus extérieurs du pays. Il représente environ 70% des exportations du troisième producteur d’Afrique avec 65,1 tonnes d’or produites en 2019. En 2018, les recettes d’exportations d’or ont progressé de 18,1% à 1 338 milliards de Fcfa, soit plus de 2,4 milliards de dollars.

Le secteur minier malien est constitué d’or, de charbon, de fer, de bauxite, de pétrole ou de gaz. Depuis longtemps le secteur minier souffre d’une gouvernance défaillante. Le président N’Daw n’hésite pas à qualifier la gouvernance actuelle de « cancer » qui « ne doit pas rester ».

Aboudramane Coulibaly, économiste malien précise « L’activité économique malienne repose sur trois domaines essentiels : l’exploitation cotonnière, l’exploitation minière et l’activité agropastorale, mais l’exploitation minière et celle de l’or en particulier reste la plus importante au regard de la manne financière qu’elle génère ».  Si la réforme de la gouvernance et des modes de gestion est à revoir c’est toute la chaîne de valeur qui doit être mise à plat insiste Aboudramane Coulibaly.

« Lutter contre la corruption dans ce secteur est capital. Mais au-delà, il faut repenser une chaine de valeur autour des mines en incluant tous les acteurs de la chaine minière et surtout y faire remonter les acteurs locaux. Cela favoriserait la création d’une vraie industrie locale et c’est ainsi que le pays pourra davantage tirer parti de cette richesse minière ».

Reste à savoir si le gouvernement de transition dispose de suffisamment de temps pour œuvrer puisque le mandat de ce gouvernement est de 18 mois.

Source : La Tribune Afrique

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