Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire – Élection présidentielle du 31 octobre 2020 : Le pays retient son souffle

La Côte d’Ivoire retient son souffle en attendant l’élection présidentielle dont l’organisation est prévue demain samedi 31 octobre 2020.

Les positions sont tranchées quant à la tenue de ce scrutin que l’opposition, dans le cadre de son mot d’ordre de désobéissance civile, appelle à « boycotter par tous les moyens légaux .» 

« Nous invitons nos militants […] à mettre en application le mot d’ordre de boycott actif par tous les moyens légaux à leur disposition, afin que le pouvoir actuel consente à convoquer l’ensemble des forces politiques nationales afin de trouver des solutions acceptables à toutes les revendications » (de l’opposition), a déclaré le  Pacal Affi N’Guessan (Front Populaire Ivoirien – FPI), jeudi 15 octobre, au cours d’une conférence de presse coanimée avec Henri Konan Bédié (Parti démocratique de Côte d’ivoire – PDCI).

Des manifestations ont éclaté dans le pays pour protester contre « la candidature anticonstitutionnelle d’Alasane Ouattara ». Dans certaines localités, des barrages ont été dressés pour faire obstacle à la distribution du matériel électoral. Le bilan des troubles fait état de plusieurs morts et de nombreux dégâts matériels.

De fait, le boycott actif, dont le but est d’empêcher le déroulement du vote , est entré en vigueur depuis quelques jours.

En effet, les différentes missions de médiation dépêchées à Abidjan, en vue de trouver un consensus, ne sont pas parvenues à faire baisser la tension dans le pays. Les protagonistes de la crise campent sur leurs positions.

À en croire Alassane Ouattara, le président sortant, dont les  propos sont rapportés par le Journal du Dimanche du 24 octobre 2020, ses adversaire « ne veulent pas aller aux élections » car «  Ils misent sur une situation extraordinaire, un coup de force, un coup d’État, une insurrection populaire! Ils tablent sur cela depuis le début. »

Au journal Le monde, en date du 24 octobre 2020, Alassane Ouattara confie : « Je me présente contre ma volonté, ce n’est pas un plaisir. Je me fais insulter alors que je serais parti auréolé aussi bien en Afrique que sur la scène internationale. Je tiens à mon aura mais voulez-vous que j’abandonne mon pays à ces ivoiritaires, ces gens qui ont dilapidé les ressources de la Côte d’Ivoire pendant des décennies ? J’avais une obligation citoyenne et personnelle d’être candidat. »

En outre, à la fin de sa visite dans la région de la marahoué, du 23 au 26 septembre 2020,  Alassane Ouattara a clairement fait  savoir qu’il est opposé au report de la date du scrutin électoral qui constitue l’une des exigences de ses adversaires.

De son côté, l’opposition a décidé d’« empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin y compris la distribution des cartes d’électeurs et l’affichage de la liste électorale) et à mettre en application le mot d’ordre de boycott actif par tous les moyens légaux »

« Avec le Président Henri-Konan Bédié, nous portons les mêmes revendications, notamment celle qui concerne la mise en place d’une Commission électorale véritablement indépendante et équilibrée pouvant garantir des élections crédibles. Se posent aussi d’autres problèmes comme celui du Conseil constitutionnel. A travers les rejets des candidatures à l’élection (quatre candidats sur 44 ont été retenus, Ndlr), il est apparu comme une institution sous influence du parti au pouvoir. Nous ne sommes donc pas sûrs qu’il proclame les résultats de façon fiable. Enfin, il y a la candidature d’Alassane Ouattara qui est anticonstitutionnelle. En Côte d’Ivoire, on ne peut pas faire plus de deux mandats (le pouvoir rétorque que la nouvelle constitution de 2016 a remis les compteurs à zéro, Ndlr). Mais il s’entête à vouloir se présenter. » a-t-il confié au Journal du Dimanche.

Ainsi, pour Pascal Affi N’guessan, qui répondait aux questions de  France 24,  l’opposition fera en sorte que cette élection n’ait pas lieu. Il a aussi souhaité l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis durant le boycott actif.

Dans cette ambiance délétère, à quelques heures de la tenue de ce scrutin, Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, acquitté par la Cour pénal internationale après 8 longues années de procès, s’est invité au débat. Il a été interviewé par Denise Epoté de TV5.  L’ex-prisonnier de la CPI, contraint à l’exil en Belgique, a pris la parole pour qu’on sache qu’il n’est pas d’accord. « Ce qui nous attend, c’est la catastrophe. Et c’est pourquoi je parle. Pour qu’on sache que j’ai parlé, pour qu’on sache que je ne suis pas d’accord (…) Il faut discuter», a conseillé celui dont le slogan préféré est « Asseyons-nous et discutons.»

AUTEUR: Axel Illary
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