Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire : place à la nouvelle génération
Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara laisse la place à la nouvelle génération

Le 5 mars dernier, à Yamoussoukro, le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara a annoncé, devant les parlementaires réunis en Congrès, qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2020. Ce tournant historique dans l’histoire de la Côte d’Ivoire a été motivé par une volonté de « transférer le pouvoir à une jeune génération ».

 

Deux mandats, un bilan sans appel

 

Lors de son discours, d’une trentaine de minutes, devant les parlementaires de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a présenté un bilan de ses 9 années au pouvoir avant de présenter sa décision ne pas briguer un troisième mandat. Avec une croissance portée à 8 %, une baisse du taux de pauvreté de 51 % à 35 %, d’une baisse du chômage de 40 % à 20 %, le Président sortant a pu présenter un bilan plus que positif, qui fait quasiment figure d’exception en Afrique de l’Ouest. Les avancés économiques ne sont pourtant pas les seules avancées réalisées sous la mandature d’Alassane Ouattara. D’un point de vue social, le gouvernement a rendu l’école obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans. La condition des femmes s’est aussi grandement améliorée grâce à la création du Fonds d’appui aux Femmes de Côte d’Ivoire, présidé par Dominique Ouattara.

 

« Une décision prise de longue date »

 

Cette décision de ne pas se représenter a étonné la classe politique ivoirienne et internationale. C’est en effet la première fois, en Côte d’Ivoire, qu’un président élu démocratiquement transmettra de son plein gré son pouvoir à un autre président élu. Avec 2 mandats à son actif (2010 et 2015), le président sortant avait pourtant atteint le seuil de mandats présidentiels pouvant être réalisé en Côte d’Ivoire. Comment alors expliquer cet étonnement ? Cela vient certainement du projet de révision de la constitution, actuellement à l’étude et dénoncé par l’opposition. À cette éventualité Alassane Ouattara a répondu « j’aurais pu manipuler les textes, comme beaucoup le font ou souhaitent le faire, mais ce n’est pas ma manière de voir et de faire de la politique ». Par cette décision le président sortant tient donc deux promesses, celle du respect des valeurs constitutionnelles de 2016, et celle exprimée à de nombreuses reprises : laisser la place à une nouvelle génération.

 

Si cette décision était prise depuis 2016 et l’adoption de la constitution de la IIIè République, c’est le retour au calme après les mutineries de 2017 qui auraient véritablement décidé le président sortant. Et ce afin de ne pas risquer un retour de la guerre civile qu’avait provoquée l’élection de 2010 et le refus de Laurent Gbagbo de transmettre le pouvoir au nouveau président démocratiquement élu.

 

Amadou Gon Coulibaly successeur naturel d’Alassane Ouattara

 

 

Encore peu connu à l’international, Amadou Gon Coulibaly est pourtant un homme politique connu et respecté en Côte d’Ivoire. Après avoir été cadre aux Grands Travaux en début de carrière, ce technocrate est aux côtés d’Alassane Ouattara depuis 1990. Ayant occupé un grand nombre de postes importants, comme celui de Premier ministre depuis 2017, Amadou Gon Coulibaly connaît parfaitement les dossiers en cours et pourrait apporter une certaine continuité aux travaux engagés par le président sortant. Désigné candidat aux prochaines élections présidentielles d’octobre 2020, ce choix d’Alassane Ouattara n’est pourtant pas une surprise : « il a été de tous les combats avec moi, il est plus qu’un collaborateur, plus qu’un frère, c’est un fils » a d’ailleurs déclaré le président Ouattara. Réputé pour être un homme de terrain en plus d’être fin connaisseur des dossiers en cours, Amadou Gon Coulibaly semble détenir l’approbation de la grande majorité de sa partie, en plus de l’approbation présidentielle. Cette nomination aura aussi pour effet de venir discréditer les velléités de candidature de deux anciens présidents : Henri Konan Bédié (85 ans) et Laurent Gbagbo (74 ans) qui, pour base de programme politique, n’affichaient qu’un mot d’ordre « Tous sauf Ouattara ».

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