Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Burkina Faso : nouvelle attaque meurtrière contre un convoi minier

Une embuscade contre un convoi d’une compagnie minière a fait au moins 38 morts, civils, et plus de soixante blessés, mercredi 6 novembre, dans la région de l’est du Burkina Faso.

Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a décrété un « deuil national de 72 heures », commencé le 8 novembre. Le chef de l’Etat s’est exprimé sur ce qu’il a qualifié « d’actes ignobles » qui « visent à semer la psychose au sein de notre Peuple et à déstabiliser notre démocratie ».

S’exprimant à la télévision nationale, Roch Marc Christian Kaboré a exhorté les citoyens du Burkina Faso : « Il nous faut rester dignes et courageux. C’est pourquoi, j’engage les Forces de Défense et de Sécurité à traquer et combattre, sans concession, les terroristes et tous leurs complices et appelle notre Peuple à la mobilisation générale contre le terrorisme ».

Le déroulé des événements montre que l’attaque avait été minutieusement planifiée. C’est ce qu’indique le gouverneur de la région est. Le 6 novembre au matin, « des individus armés non identifiés ont tendu une embuscade à un convoi transportant des travailleurs de la mine d’or Semafo sur l’axe Ougarou-Boungou ».

L’attaque est qualifiée de « complexe ». Le convoi était long et protégé ; escorté de plusieurs véhicules d’une société privée et d’un détachement militaire. Le véhicule de tête a sauté sur un engin explosif placé sur la voie.  Les cars transportant les employés de la société ont alors été pris d’assaut par un groupe armé.

« Deux bus ont été bloqués, les assaillants ont mitraillé les passagers, certains ont essayé de fuir mais ont été poursuivis, c’était la débandade », selon les dernières infos. « Le convoi, accompagné d’une escorte militaire, comptait cinq autobus transportant des employés burkinabés, des entrepreneurs et des fournisseurs », a déclaré la société canadienne Semafo. Semafo est la société qui exploite la mine d’or de Boungou. Le site et ses activités « n’ont pas été affectés » selon les dires de la Semafo.

Les autorités n’ont pas tardé à réagir et ont lancé une opération de « secours » et « un ratissage de la zone » assurés par les forces de défense et de sécurité.   Les attaques de sites et convois aurifères sont un vrai problème pour le Burkina alors qu’on compte plus d’une dizaine de sites industriels miniers dans le pays. Pour faire face à la recrudescence de problèmes sécuritaires, l’Etat burkinabé a demandé aux compagnies minières de prendre « des dispositions spéciales pour le déplacement de leurs employés ». Les assauts des groupes djihadistes de la sous-région (Al-Qaida et l’organisation État islamique notamment) se multiplient et ont fait près de 700 morts dans le pays depuis 2015. L’attaque n’a pas été revendiquée à date.

A la demande des autorités burkinabées, les membres de l’opération française « Barkhane » sont intervenus deux fois en septembre pour épauler l’armée. « Le combat continue, il doit continuer, car c’est un combat de longue haleine que nous devons mener ensemble contre le terrorisme », a déclaré lundi la ministre française des armées, Florence Parly. Celle-ci a également annoncé le lancement d’une opération conjointe, conduite par la force « Barkhane » avec celles du G5 Sahel, comprenant notamment deux compagnies burkinabées, dans la zone des trois frontières, entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Source : Le Monde

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