Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Au Sénégal, la politique touristique du gouvernement décolle
Avion de la compagnie Air Sénégal

Le Sénégal projette de devenir une destination touristique de tout premier plan. Une politique qui s’incarne dans une multiplication des lignes aériennes de la compagnie nationale Air Sénégal, et dans un ambitieux plan de mise en valeur du patrimoine culturel et naturel du pays.

 

Air Sénégal met les gaz

 

A l’occasion d’une visite dans la région du Sine-Saloum le 16 octobre dernier, le ministre du Tourisme sénégalais, Alioune Sarr, a annoncé que la compagnie nationale Air Sénégal s’apprêtait à lancer une ligne Dakar-Washington dès janvier 2020. Cette nouvelle liaison devrait précéder de quelques mois celle entre Dakar et New York. Une bonne nouvelle pour les Sénégalais vivant de l’autre côté de l’Atlantique, rendue possible par l’acquisition d’un nouvel Airbus A330neo qui sera livré le 5 novembre prochain. Le vieux continent n’a pas été oublié par la jeune compagnie, puisque grâce à ses deux Airbus A330neo, Air Sénégal va relancer ses liaisons avec Paris avec deux vols quotidiens. Ce sera ensuite au tour de Genève, Barcelone et Marseille.

Ce développement rapide de la compagnie nationale se fait tous azimuts : dès le 3 décembre prochain, la capitale économique du Maroc, Casablanca, sera desservie par Air Sénégal, à raison d’un vol par jour en Airbus A319 au départ du nouvel aéroport international Blaise-Diagne de Dakar. Une expansion de son réseau régional qui concurrence Royal Air Maroc – jusqu’alors unique compagnie à assurer cette liaison – dont les prix sont souvent jugés prohibitifs. La compagnie détenue par l’État sénégalais prévoit également de s’étendre sur le marché mauritanien avec une liaison Dakar-Nouakchott. Une stratégie qui cherche à développer les relations économiques sur l’axe Sénégal-Mauritanie-Maroc et qui se justifie également par la forte diaspora sénégalaise présente dans ces deux pays. Avec des vols vers 15 pays d’Afrique de l’Ouest et l’agrandissement des aéroports régionaux de Ziguinchor, de Saint-Louis et Tambacounda, Dakar ne cache plus son ambition de devenir un hub régional.

 

Le grand bond en avant du tourisme

 

Lors de son passage à Paris début octobre à l’occasion du salon du tourisme Top Resa, Alioune Sarr a rappelé que le Sénégal entendait devenir incontournable sur le marché international du tourisme, grâce à une offre très diversifiée: « un tourisme historique et culturel à Gorée ou Saint-Louis classés au patrimoine de l’Unesco (très prisé par les touristes américains, NDLR)  un tourisme balnéaire à Sally et en Casamance, les parcs ornithologiques, les safaris, l’écotourisme dans le Sine Saloum, sans oublier le tourisme d’affaires à Dakar et tout cela à moins de six heures de Paris. » Un patrimoine culturel et naturel que le gouvernement sénégalais fait fructifier : les plages de Sally et de Saint-Louis, mises en danger par l’érosion côtière, ont été réhabilitées ; et la pacification de la Casamance a permis son désenclavement par voie terrestre grâce à la construction du pont Farafenni sur le fleuve Gambie. Une mise en valeur de la région qui a encouragé le célèbre Club Med de Cap Skirring – très prisé des amateurs de golf – à augmenter sa capacité de plus de 200 chambres.

Cette politique volontariste de développement touristique correspond à la phase 2 du Plan Sénégal Emergent (PSE), un plan sur 30 ans mis en œuvre depuis 2014 par le président Macky Sall et qui porte d’ores et déjà ses fruits, le pays enregistrant des taux de croissance annuels supérieurs à 6,5% depuis 4 ans. Objectif de la phase 2 : placer le Sénégal parmi les 5 premières destinations touristiques d’Afrique avec 3 millions de visiteurs par an d’ici 2023. Le secteur génère d’ores et déjà 150.000 emplois (soit 9% de l’emploi du pays) et représente 7% du PIB sénégalais – un chiffre que le gouvernement souhaite faire grimper entre 12 et 15% d’ici 5 ans. Les investissements nécessaires à la réalisation de ces objectifs nécessitent une augmentation des investissements directs étrangers (IDE) au Sénégal, qui étaient jusqu’à présent concentrés sur l’agroalimentaire. C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics organisent, selon les mots d’Alioune Sarr, « de grandes campagnes de communication et la rencontre avec des tour-opérateurs et des investisseurs intéressés par la destination. » Un appel à investissement sera lancé sur une dizaine de sites touristiques importants, visant par exemple à la construction de lodges près des chutes de Dindéfelo.

Bien conscient de l’énorme potentiel du tourisme au Sénégal, Macky Sall déclarait il y a un an que les bénéfices du tourisme dépassaient le cadre strictement économique, avec des apports « en création d’emplois, en lien social, pour la préservation de notre nature et la valorisation de notre patrimoine, pour la qualité de nos échanges. Le tourisme, c’est un gage de stabilité ». De nobles motifs pour lesquels le président sénégalais entend encore amplifier le « grand bond en avant » touristique, lancé dès son arrivée au pouvoir en 2012.

 

 

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