Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
62 milliards d’arriérés : comment l’Etat nigérian compte les récupérer

Le Nigeria veut contraindre les sociétés pétrolières et gazières à régler les impayés cumulés sur plusieurs décennies. Cette démarche marque la volonté du gouvernement d’accélérer les réformes visant à augmenter les recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures. Et ceci afin de financement le programme national de développement.

Le Nigéria réclame 62 milliards de dollars aux majors pétrolières et gazières ; Total, Shell, Exxon Mobil, Eni,Chevron. Cette décision s’appuie sur la loi de 1993 régissant le secteur. Ainsi la loi de 1993 stipule que lorsque les prix excédent 20 dollars le baril, l’Etat fédéral doit percevoir une plus-value du supplément. La loi été promulguée dans un contexte de promotion de l’exploitation offshore. A cette époque le baril se négociait à moins de 10 dollars, contre 53,3 à New York ce 16 octobre 2019. La différence fait basculer le ratio à 80/20 en faveur des entreprises mises en demeure.

Le rapport de l’Initiative pour la transparence des industries extractives du Nigeria (NEITI) a déclaré que les pertes du Nigéria dans le secteur pétrolier et gazier s’élèvent à des milliards de dollars. Le rapport prend en compte sept champs pétroliers et gaziers régis par les textes de 1993 et exploités par Eni, Chevron, Total et South Atlantic Petroleum, Shell ou encore Exxon Mobil et Addax.

Afin de pouvoir réformer le pays le gouvernement accélère les démarches pour recouvrer au moins une partie des montants non versés en leur temps. Le gouvernement veut renégocier les conditions de la répartition des recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures.

Le Nigeria est coutumié de ces méthodes de recouvrement. Ainsi sous  la pression des autorités d’Abuja, l’opérateur MNT, avait été sommé de payer une amende initiale de 5,2 milliards de dollars en 2015 pour non désactivation de cartes Sim. Poussé à négocier MNT avait fini payé une amende de 1,6 milliard de dollars, payés avec échelonnement.

A date les compagnies concernées dont Shell et Eni ont porté l’affaire devant la Haute cour fédérale. Le rapport de NEITI est pourtant sans équivoque. Il fait état des pertes de 16 milliards de dollars à la faveur des compagnies pétrolières du pays rien que sur une période de 10 ans (2008-2017).

Ce manque à gagner fait apparaître l’urgence d’un réexamen des contrats du secteur. Selon la NEITI, en 1993 les textes régissant les activités des sociétés privées pétrolières et gazières ont été élaborés avec des avantages pour les inciter à investir dans l’exploration et la production de gisements offshore, en tenant compte des risques associés aux bas prix du pétrole. « Ainsi, les contrats PSC (entreprises du secteur privé) étaient supposés être plus avantageux pour les entreprises », selon le rapport.

L’époque a changé et ces textes doivent être révisés alors que les entreprises bénéficiaires ont depuis longtemps récupérés leurs investissements après plusieurs années d’exploitation. La hausse des prix est passée par là. Les révisions n’ont pas été exécutées conformément à la loi, occasionnant ces pertes, précise le texte de la NEITI.

La crise pétrolière de 2014 est passée par là et la récession s’en est suivie.  Depuis l’économie nigériane est plongée dans une léthargie en raison d’une croissance toujours molle. Le pays a besoin de tirer davantage profit de l’exploitation de ses hydrocarbures pour financer son programme de développement. En attendant que la croissance reparte comme l’a confirmé le FMI. Celui-ci indique un taux de 2,3% pour 2019.

Source : La Tribune Afrique

 

 

 

 

 

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