Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
L’Afrique cherche à développer son tourisme

La tenue du Rendez-vous des professionnels du tourisme à Paris a permis à de nombreux états africains d’identifier les moyens d’améliorer leur visibilité et développer un secteur qui se veut prometteur.

 Le tourisme est une manne, un secteur d’avenir si l’on en croit les chiffres. 10 % du PIB mondial, 7 % du commerce international et 30 % des exportations de services… Aussi l’Afrique se prend à rêver en destination touristique majeure. Le tourisme est une manne. Le continent imagine ce secteur porteur comme accélérateur de développement. D’autant que dans le monde, un emploi sur 11 est directement lié à ce secteur. Alors que l’île Maurice ou le Cap-Vert sont depuis bien longtemps dans la corse, une liste de nations subsahariennes se mettent sur les rangs. Le traditionnel Rendez-vous des professionnels du tourisme à Paris est l’occasion pour ces différents pays d’envisager des voies d’expansion sur un secteur dont l’embellie persiste.

En Afrique de l’Ouest, le Sénégal est déjà bien lancé et a su séduire les touristes. Ce secteur emploie déjà 150 000 Sénégalais, selon Alioune Sarr, le ministre du tourisme et des transports aériens. En 2017, ce sont plus de 1,3 million de touristes qui ont séjourné au Sénégal. Le Plan Sénégal Emergent, lancé en 2014 par le président Macky Sall, projetait de faire de ce secteur un levier actif du développement et d’y multiplier par quatre le nombre d’emplois. Les pôles de développement s’orientent vers un tourisme balnéaire ou en espace d’écotourisme, centré sur la découverte d’espaces naturels.

Autre exemple : le Togo. Ce pays a fait le choix du tourisme vert. Mais contrairement au Sénégal, il souffre d’un manque de visibilité sur le marché touristique. Le pays souhaite séduire une audience européenne, amateur d’espaces naturels sauvages et de safaris. « Le Togo est riche en lacs, en cascades et en parcs animaliers » précise un représentant de l’Office togolais du tourisme. « Nous développons des offres de tourisme sportif en lien avec les différents milieux naturels du pays déclare ce même représentant. Et de citer, la pratique de la randonnée, la descente en pirogue, de la planche à voile…

Si certains pays ont déjà le vent en poupe et ont su mettre en avant leurs atouts d’autres pays plus petits comme la Guinée-Bissau ou la Sierra Leone essayent de se faire une place sur le marché. Et ce en dépit des difficultés internes à leur pays. Minée par une violente guerre civile en 1998-1999, des coups d’Etat ou des tentatives de putsch incessantes, une économie gangrenée par le narcotrafic, la Guinée-Bissau est optimiste et souhaite user du tourisme pour émerger. Et ce n’est pas aisé.

Loin des millions de visiteurs annuels avides du soleil marocain, environ 40 000 touristes ont tenté l’aventure en Guinée Bissau en 2015, selon des chiffres de la Banque mondiale.

Cependant, Carla Maria, la directrice de la communication du tourisme reste enthousiaste. « Un carnaval avec des musiciens locaux est organisé dans la capitale au mois de février ou mars. L’ambiance y est très festive ! ». Selon Carla Maria, la Guinée-Bissau a un « grand potentiel touristique avec une belle diversité de faune sauvage, des longues plages de sable blanc, des mangroves ». Demeure la question des infrastructures, qui pose problème.

Problème qu’a su résoudre l’Ethiopie. L’ Ethiopie a vu plus de 900 000 voyageurs venir sur ses terres en 2017. Pascal Leduc, dirigeant d’une agence de voyage francophone implantée à Addis-Abeba depuis 2009 explique les raisons de ce succès. Le pays a désormais pour « but de faire découvrir le riche patrimoine culturel et historique de l’Ethiopie à des touristes majoritairement africains et français ».

Pascal Leduc est optimiste sur l’avenir touristique de l’Ethiopie : « C’est un secteur vital pour l’économie, estime-t-il. En créant des emplois et en faisant rentrer des devises, il permet à une partie de sa population de mieux gagner sa vie, dans un pays où les salaires sont bien souvent encore très faibles. ». Il souligne les efforts du gouvernement pour faire décoller ce secteur et observe qu’« en l’espace d’à peine vingt ans, les progrès en matière de construction d’infrastructures ont été impressionnants. Au point que, désormais, le parc hôtelier est considérable. ».

Le secteur montre ainsi de beaux exemples de réussites, reste à observer comment se comporteront les parties-prenantes, telles les compagnies aériennes et les tour-opérateurs à l’heure de la faillite de Aigle Azur et Thomas Cook. Le groupe commercialisait plus de 1 800 voyages sur le continent et en Gambie par exemple, près de la moitié des touristes arrivaient via Thomas Cook.

Source : Le Monde Afrique

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