Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Les forces armées burkinabè en déroute face au djihadisme
Burkina Faso lutte contre le djihadisme

Face au manque de moyens militaires criants mis à disposition des forces burkinabè, via le G5 Sahel et la communauté internationale notamment, les soldats locaux, sous-payés, commencent à perdre patience et certains pensent même à déserter. Pour eux, les mouvements djihadistes ont clairement pris un ascendant décisif dans plusieurs zones du pays.

« On a perdu le combat. Il ne se passe pas un jour sans qu’il n’arrive quelque chose, même si la presse n’est pas au courant. J’ai un pistolet automatique. J’ai cinq cartouches. C’est comme ça qu’on va se battre contre les djihadistes ? Les chargeurs sont à moitié vides… En face, ils ont toutes les munitions qu’ils désirent. »

Ce témoignage d’un policier burkinabè anonyme, relayé par France TV Info, est tout simplement édifiant. Le nord et l’est du pays sont en effet sous le joug total des terroristes. A tel point que les populations préparent elles-mêmes la résistance. C’est dire la situation dans laquelle se trouve cet Etat membre du G5 Sahel, une force conjointe (Tchad, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso) ayant pour but de lutter efficacement et durablement contre cette épée de Damoclès particulièrement prégnante dans la région.

Malheureusement, la mise en place durable du dispositif peine à se dessiner tant les problèmes de logistique et de financement sont nombreux. Pire, les attaques récurrentes contre les positions du G5, notamment au Niger, au Mali et au Burkina Faso, demeurent particulièrement inquiétantes.

Et pour le Burkina, force est de constater que l’armée est totalement hors course, confirme un certain Moussa auprès du Monde :

« Certains abandonnent. D’ailleurs, si ça continue comme ça, je préfère qu’on me radie, plutôt que d’aller mourir comme un chien. Selon nos informations, plusieurs détachements militaires ont quitté leur poste dans le nord du pays, près de la frontière malienne. Des policiers de la ville de Djibo ont (même) préféré plier bagage face à la dégradation de la situation sécuritaire. »

… Sachant que l’intéressé s’inquiète également d’une rémunération absolument pas à la hauteur des dangers inhérents à cette périlleuse mission :

« Normalement, quand on part en mission on a droit à 500 FCFA (75 centimes d’euros) pour le matin, 500 pour le midi et 500 pour le soir. En réalité, on touche : zéro. »

La France, très présente dans le dossier G5 Sahel, va-t-elle rapidement déployer un soutien logistique sur le territoire ?

A suivre de près donc…

Crédit photo : Wikimedia

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