Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire – Revenu des producteurs de cacao : « C’est un scandale, cette donne doit changer »

 La 100ème session du conseil international du cacao s’est tenue le 10 septembre 2019 à Abidjan, sous la présidence du vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan. 

Au cours de cette rencontre, l’organisation internationale du cacao (ICCO) a fustigé «  un scandale  » concernant le revenu des producteurs de cette matière première dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial.  

 «  Sur 100 milliards de dollars, soit 50.000 milliards FCFA que génère l’industrie du cacao, seulement 5% reviennent aux producteurs. C’est un scandale, cette donne doit changer  », a martelé M. Aly Touré, le représentant permanent de l’ICCO, en présence du président du Conseil international du cacao (ICCO), Philipe Fontayne, du porte-parole des producteurs, importateurs et transformateurs du cacao, Régis Meritan et de plusieurs personnalités de l’industrie cacaoyère.

Pour le compte du collège des producteurs de Côte d’Ivoire, le représentant permanent de l’ICCO a remercié le gouvernement ivoirien quant à la délocalisation du siège de l’ICCO à Abidjan en 2017.

 Philippe Fontayne, le président du Conseil international du cacao, a indiqué que l’organisation internationale du cacao (ICCO) se fixe comme priorité la répartition équitable des revenus issus du cacao. 

À l’en croire, “il est question pour l’organisation de veiller à la répartition équitable de la valeur ajoutée du cacao, de garantir une juste répartition des revenus, mais aussi des charges”.  

 Le changement climatique, la valorisation du cacao, la volatilité des coûts et la promotion des produits du cacao constituent des sujets de préoccupation majeurs. C’est pourquoi le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a encouragé l’ensemble des opérateurs du secteur à oeuvrer pour que ce produit puisse procurer des gains juteux aux producteurs.

 “Ensemble, pays producteurs, pays consommateurs et tous les intermédiaires se doivent de rechercher et de trouver des solutions et alternatives durables à la problématique de la volatilité des cours du cacao.  

Notre engagement commun doit permettre d’assurer une économie cacaoyère durable car, « un juste prix est indispensable pour favoriser la consommation sans décourager les producteurs ». Il ne fait aucun doute que producteurs et consommateurs sont parties liées dans un partenariat gagnant-gagnant pour assurer la viabilité et la durabilité de l’industrie

cacaoyère. En effet, la durabilité est liée à ce que « toutes les parties prenantes dans la filière puissent en tirer un revenu décent”, a-t-il déclaré.

Le revenu des producteurs de cacao a fait l’objet, dans les mois de juin et juillet derniers, d’actions conjointes de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Ces deux plus gros producteurs mondiaux de fèves de cacao avaient décidé de suspendre leurs ventes de cacao qui sera récolté lors de la campagne 2020-2021, pour atteindre un prix plancher. Ils ambitionnent de  parvenir à un prix minimum de 2 600 dollars la tonne afin de créer une plus-value.

Ainsi, après Accra le 11 juin 2019, ces deux pays qui représentent plus de 60% des approvisionnements mondiaux de cacao, se sont retrouvés le 3 juillet 2019, à Abidjan pour se concerter sur la politique à adopter en vue de la mise en place d’un prix plancher.

En effet, le marché mondial du cacao rapporte plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année, mais la situation n’est guère reluisante chez les producteurs de cacao qui croupissent sous le poids de la pauvreté.

 

 

 

 

     

AUTEUR: Axel Illary
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COMMENTAIRES

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    Auteur du commentaire : Jean-Baptiste PANY

    C’est incohérent de dénoncer un scandale d’une part et de le renforcer d’autre part. L’Etat ivoirien paye une prime de transformation aux prédateurs qu’il dénonce. Cette prime est par ailleurs prélevée sur les revenus des producteurs qu’Il dit protéger… Enfin malgré le potentiel économique énorme, les politiques de valorisation locale du cacao peinent à se mettre en place, faute de volonté politique.
    Je l’affIrme, Le modèle ivoirien du cacao est un échec.
    Jean-Baptiste PANY
    Sénateur ivoirien, élu de la circonscription du Gbokle.
    Mail : jean-baptiste.pany@senat.ci

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