Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
La Guinée équatoriale lance le processus législatif pour l’abolition de la peine de mort

A Praia au Cap-Vert, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a déclaré que serait entériné sous peu le processus législatif qui doit conduire la Guinée-Equatoriale à retirer la peine de mort de son arsenal juridique. Ce retrait constitue une exigence de la feuille de route de la Communauté des pays de langue portugaise que la Guinée-Equatoriale a rejoint en 2014, sous réserve d’adhésion à certaines valeurs.

Le président guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a décidé de lancer le processus d’abolition de la peine de mort en Guinée-Equatoriale. En effet, la suppression de la peine de mort est une condition sine qua none pour que le pays se maintienne au sein de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) que la Guinée-Equatorial a intégré en 2014.

« La CPLP demande à mon pays de résoudre le problème de la peine de mort, mais je ne veux pas que cela dépende uniquement de la volonté personnelle du président », a promis Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. « Par conséquent, mon gouvernement présentera bientôt cette question au Parlement, où mon parti est majoritaire. J’espère que cette proposition sera approuvée» a poursuivi le président guinéen.

« Nous ne pouvons pas agir à la hâte. Nous devons agir dans le cadre d’un processus politique qui satisfait toutes les parties » a répondu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo alors que Antonio Costa, le premier ministre du Portugal s’était exprimé peu avant de manière ferme : «Si la Guinée-Equatoriale veut rester dans la CPLP, elle doit s’inscrire dans un cadre commun n’incluant pas la peine de mort, car les valeurs de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme, soutenus par cette communauté, sont incompatibles avec la peine de mort ».

La pression exercée par les pays membres n’est pas nouvelle.Admise en 2014, la Guinée Equatoriale s’était en son temps engagée à mener une série de réformes dont l’abolition de la peine de mort pour se conformer à l’harmonisation des valeurs communes à l’organisation.

Depuis, Teodoro Obiang avait joué la montre en sollicitant l’expertise juridique de certains pays membres. La Guinée-Equatoriale a voulu lever le dernier obstacle à son entrée dans la CPLP en répondant à l’invitation de Jorge Carlos Fonseca, le président du Cap-Vert. Le Cap-vert est le pays qui assure la présidence tournante de la CPLP jusqu’en 2020. Le président guinéen effectue depuis le 15 avril, une visite d’Etat de deux jours dans la capitale capverdienne et saisit ainsi l’opportunité de s’exprimer sur le point de blocage que constitue l’abolition de la peine de mort.

Le Cap-Vert est l’un des pays qui exigent une conformité de la Guinée Equatoriale à tous les points de la Charte de la CPLP avant la validation de son adhésion.

« Nous voudrions que la Guinée équatoriale mette fin à la peine de mort au cours de la présidence capverdienne de la CPLP », a déclaré Luís Filipe Tavares, le ministre capverdien des Affaires étrangères. La déclaration fait suite à la prise de position de Luís Filipe Tavares lors d’un sommet bilatérale entre le Cap-Vert et le Portugal. Le chef de la diplomatie capverdienne avait rappelé son désir de voir la Guinée Equatoriale, « renforcer l’intégration de la communauté » en ratifiant les différents points de manière exhaustive.

Nombreux sont ceux qui attendent un passage l’acte du président guinéen et le temps presse. Il n’est pas certain que l’Angola qui va prendre la présidence de CPLP en 2020 soit aussi patiente. Au parlement guinéen, le démocratique de Guinée-Equatoriale (PDGE) et ses alliés occupent la quasi-totalité des sièges. Le vote de l’abrogation de la peine de mort devrait se faire sans couac dés lors que le président le demande.

 Source : La Tribune Afrique

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