Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Bénin : l’opposition absente des élections législatives

La liste définitive des partis autorisés à prendre part aux législatives du 28 avril a été annoncée le 5 mars par la Commission électorale nationale autonome (Cena) du Bénin. Ce sont deux formations de la majorité présidentielle qui ont été retenues. Et l’opposition de dénoncer aussitôt des manœuvres politiques du régime.

Le mercredi 6 mars une réunion de médiation entre le président Patrice Talon et les représentants des différents partis politiques du pays a été organisée suite à l’annonce des listes retenues pour les prochaines élections législatives au Bénin. La rencontre a été boycottée par l’opposition alors qu’il s’agit de trouver une issue à la crise qui émerge lors du processus électoral. Le 28 avril, les citoyens sont appelés aux urnes pour élire les députés dans le cadre d’une grande participation des partis politiques.

 La Commission électorale nationale autonome (Cena), a publié la liste définitive des partis autorisés à participer à l’élection des 83 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale. Cependant sur les sept listes qui ont déposé leurs dossiers ; la commission n’a validé que deux listes. En effet seules deux listes ont obtenu le quitus de la commission. Il s’agit du Bloc républicain (BR) et de l’Union progressiste (UP). Ces listes sont deux formations de la majorité présidentielle dont les dossiers ont été jugés « conformes et recevables », selon les propos de Emmanuel Tiando, président de la Cena.

Les dossiers refusés sont des dossiers de formations du camp présidentiel mais aussi des formations de l’opposition. Et c’est bien le nœud du problème. Ainsi la candidature du Parti du renouveau démocratique (PRD) de l’ancien président Nicéphore Soglo, mais aussi celle de l’Union socio-libérale (USL) de l’homme d’affaires et ancien allié du chef de l’Etat, Sébastien Ajavon ont été rejetées.

 Avant cette annonce, nombre de listes de l’opposition politique avait déjà été rejetées ; et ce pour non-conformité aux dispositions du nouveau code électoral qui impose l’obtention d’un certificat de conformité auprès du ministère de l’Intérieur, ainsi qu’un quitus fiscal auprès des services des impôts. Il en va ainsi pour Forces cauris pour le développement du Bénin (FCDB) de l’ancien chef de l’Etat, Thomas Boni Yayi. Celui-ci n’avait pu rassembler à temps tous les documents exigés par les nouveaux textes en vigueur. Les partis dont les listes n’ont pas été retenues « pourront adresser un recours devant la Cour constitutionnelle », selon le président de la Cena.

Compte-tenu des remous provoqués par l’annonce des listes par la commission, une rencontre de médiation a été prévue mais plusieurs leaders de l’opposition ont d’ailleurs annoncé qu’ils boycotteraient la rencontre de ce mercredi 6 mars convoqué par le chef de l’Etat. Une rencontre avait déjà eu lieu le 25 février, lors de laquelle le président Talon avait déclaré : « L’absence de l’opposition sera malheureuse, mais cela ne sera pas de ma faute ». Pour le chef de l’Etat béninois, la présence de l’opposition ne dépend que d’elle, « l’administration ne devrait pas fermer les yeux sur les irrégularités contenues dans les dossiers rejetés ».

La plate-forme électorale des Organisations de la Société Civile (OSC) s’est exprimée pour alerter sur les conséquences de cette « situation exceptionnelle ». Selon OSC « cet état de chose fausse les règles du pluralisme démocratique et est contraire à tous les instruments internationaux et régionaux ratifiés par le Bénin en matière électorale, de démocratie et de bonne gouvernance ».

Reste donc à identifier des modalités de sortie de crise pour un scrutin consensuel dans un pays qui a la réputation d’être un modèle de démocratie dans la sous-région.

Source : La Tribune Afrique

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