Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Nigeria : relance de la campagne électorale dans un climat tendu

En raison du report de la date des élections au 23 février, la Commission électorale nigériane indépendante (INEC a décidé d’accorder trois jours supplémentaires aux candidats pour les élections présidentielles, législatives et sénatoriales.

 Le Nigéria, première économie du Continent vit une crise politique pré-électorale. En effet depuis l’annonce du report d’une semaine des élections, présidentielle, législatives et sénatoriales les inquiétudes sont vives dans chacun des camps qui s’opposent. Les deux candidats favoris à la présidentielle, s’accusent de tentatives de fraudes et montrent leur scepcticisme quand à la capacité de la Commission à garantir la transparence du scrutin.

La Commission électorale indépendante (INEC) a décidé lundi 19 février, d’accorder un délai supplémentaire pour faire campagne. Les candidats et partis bénéficient donc de trois jours pour convaincre les électeurs. Ce sont 84 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales qu’il s’agit de remobiliser avant le samedi 23 février.

L’INEC par la voix de son président Mahmood Yakubu, assume ce report en invoquant des problèmes logistiques alors que les deux partis majeurs se rejettent mutuellement la faute. Le PDP de l’ancien vice-président Atiku Abukar accuse le camp du président sortant de vouloir retarder le scrutin afin de « conserver le pouvoir ». Muhammadu Buhari quand à lui est critique envers l’INEC. Il assure qu’il ne tolérera aucune tentative de fraude ou de sabotage des élections.

Le président-candidat lors d’une intervention d’urgence au sein de son parti le lundi 18 février a expliqué que « la commission électorale nationale a eu tout le temps qu’elle voulait et toutes les ressources nécessaires afin d’organiser le scrutin dans les délais ».

Le chef de l’Etat sceptique s’interroge sur la durée (au moins 6 heures) qui a été nécessaire pour annuler les élections avant l’ouverture des bureaux. Il s’interroge sur les raisons de cette annonce tardive et précipitée de l’INEC.

«Il est clair que les raisons pour lesquelles une telle incompétence se manifeste doivent être expliquées à la nation. Après les élections, nous devons savoir exactement ce qui s’est réellement passé » a déclaré Muhammadu Buhari.

Muhammadu Buhari par le truchement de cette intervention a mis en garde contre toutes tentatives de perturbations du processus électorale. Il a ainsi annoncé qu’il a déjà fait appel aux forces de défense et de sécurité qu’il a mandaté pour se montrer ferme.

« J’ai déjà ordonné à la police et à l’armée d’être sans pitié. Nous ne serons pas blâmés ou tenus pour responsables de vouloir truquer ces élections. Tout celui qui pense avoir assez d’influence dans sa localité pour commander des voyous à voler des urnes ou perturber le scrutin, le fera aux dépens de sa vie » a ainsi déclaré le président sortant.

La réplique du PDP fut immédiate. Un communiqué a dénoncé « une menace pour les nigérians et un appel direct à une justice de jungle ». Bien que l’APC et le PDP exhortent à l’apaisement, la tension demeure plusieurs régions du pays le plus peuplé de l’Afrique. Et ce alors même que des menaces sécuritaires sont toujours d’actualité puisque est constatée la reprise des hostilités de la secte Boko Haram dans le nord-est du pays. L’armée a déclaré que dans un contexte de tensions tel que celui-ci elle mettra tout en œuvre pour maintenir la sécurisation du processus.

Source : La Tribune Afrique

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