Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Report des élections présidentielle, législatives et sénatoriales au Nigéria  

Après le report des différentes élections prévues pour le 16 février, la commission électorale a mis en avant des problèmes de logistiques. La nouvelle échéance est prévue pour le 23 février. Ce report de dernière minute a suscité de nombreuses réactions, oscillant entre inquiétude et indignations.

 Au Nigéria, le samedi 16 février, 84 millions étaient appelés aux urnes pour un scrutin à enjeux, puisque les citoyens devaient choisir leur président, députés et sénateurs. Moins de 5H00 après l’ouverture des bureaux, le scrutin a été reporté au samedi 24 février. Le report est justifié par la commission électorale nationale indépendante (INEC) « A la suite d’un passage en revue de tous les problèmes logistiques et notre plan opérationnel pour organiser des élections libres, transparentes et crédibles, la Commission en est arrivée à la conclusion qu’organiser ces élections dans les temps indiqués n’était plus possible ». Le président de l’INEC Mahmood Yakubu a ainsi expliqué le report et a rencontré dés le samedi l’ensemble des acteurs engagés dans le processus.

La perplexité est de mise alors que les doutes s’installent quand à la capacité de la commission à garantir un processus électoral régulier et transparent. Muhammadu Buhari le président sortant et candidat du Congrès des Progressistes (APC) s’ext exprimé, manifestant sa déception : «Malgré la longue période de préparation qui lui était donnée, l’INEC a reporté les élections présidentielles et législatives, quelques heures avant son commencement». «J’appelle tous les Nigérians à se contrôler et à rester calmes, patriotes, et unis pour empêcher tout complot ou tentative de mettre en péril notre démocratie».

L’opposition n’a pas manqué de s’exprimer également. L’ancien vice-président Atiku Abubakar, candidat du Parti populaire démocratique (PDP) a implicitement accusé le pouvoir d’être responsable de l’échec de cette journée d’élections : «Ne réagissez pas à cette provocation avec colère, de la violence ou toute autre réaction qui pourrait bénéficier à ceux qui ne souhaitent pas voir les élections se dérouler comme prévu !» a ainsi exhorté Atiku Abubakar. Celui-ci dans un enthousiasme lyrique s’est adressé au président actuel «Vous pouvez retarder une élection, mais vous ne pouvez pas retarder le destin», a ainsi déclaré Atiku Abubakar.

Le pouvoir actuel n’a pas manqué de réagir en rappelant qu’en 2011 et en 2015 alors que le PDP était au pouvoir, les élections furent reportées de plusieurs semaines pour des raisons de sécurité. Néanmoins, l’INEC a pourtant tenu à assumer sa seule responsabilité dans ce couac de taille.

Et c’est le spectre d’une crise post-électorale qui apparaît au risque de plomber les ambitions de croissance du Nigéria, première économie du continent. «Peu importe qui gagne, il est maintenant beaucoup plus probable que le perdant contestera le résultat et soutiendra que l’élection a été compromise parce que des matériaux sensibles sont disponibles», a déclaré Bismarck Rewane, économiste et PDG du cabinet de conseil Finance Derivatives.

Les instances internationales quand à elle se sont mobilisées. Afin de calmer les esprits, les missions d’observation de l’Union européenne (UE), de l’Union africaine (UA), de la CEDEAO ont exhorté les Nigérians «à rester calmes et à soutenir le processus électoral».

Le report a des conséquences immédiates qui bénéficient au terrorisme. Ainsi la secte Boko Haram a intensifié ses attaques dans le nord-est du pays et au Niger voisin. L’objectif est d’empêcher la tenue du scrutin dans les zones où elle est active.

Dans le même temps, l’opinion publique est dans l’expectative, s’étonnant qu’un pays comme le Nigéria ne puisse organiser avec rigueur des élections.

Source : La Tribune Afrique

 

 

 

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