Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Sierra Leone : le diamant de la discorde fait encore des siennes
Sierra Leone Diamant de la paix

Le pasteur Emmanuel Momoh a découvert en mars 2017 un diamant de 709 carats dans un village sierra-léonais du district de Kono. Néanmoins, la propriété de la pierre lui a très vite été contestée par l’Etat et l’Agence nationale pour les ressources minérales (NMA). En cause : un défaut de licence d’exploitation minière

Cette subtilité juridique fait sans aucune doute le bonheur des autorités locales puisque “le diamant de la paix”, comme on le nomme, a été vendu 6,5 millions de dollars à New York peu de temps après. Dans cette affaire, l’Etat a touché 60% du fruit de la transaction. Quant au pasteur, ce dernier s’est consolé avec les 40% restants.

Néanmoins, il est légitime de se demander si E. Momoh n’a pas été floué. Et pour cause, l’intéressé avait entrepris les démarches pour obtenir une licence d’exploitation minière lorsqu’il a découvert ce véritable trésor.

Une réglementation à deux vitesses

Cependant, la NMA a appliqué une application très stricte de la législation et a retenu “un vice de forme” en faveur de l’Etat. Une version confirmée par le directeur général de la structure, Sahr Wonday :

“Le processus (administratif) était en cours quand son équipe a découvert la pierre. Techniquement, il ne possédait pas le diamant (à ce moment-là). Le diamant appartient donc au gouvernement de la Sierra Leone.”

Par ailleurs, il est important de noter que le pasteur s’en sort plutôt bien puisque les villageois n’ont de leur côté toujours rien reçu.“On s’attendait à avoir des belles maisons pour les gens du village. Or, on attend encore l’école pour les élèves d’ici”, s’offusque ainsi l’étudiant Abu Bakarr Amara.

Un sentiment partagé par l’enseignant Peters S. Baimoi : “(Désormais), si nous trouvons un diamant de la taille d’un ballon de foot, nous ne le remettrons pas au gouvernement, prévient l’intéressé.

Pour rappel, l’activité minière reste très peu contrôlée sur le territoire puisque 99% des mineurs artisanaux opèrent sans permis.

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