Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Boom de l’écotourisme en Afrique

Les pays du Continent ayant investi dans l’écotourisme à la fin des années 90, voient leurs efforts et audaces récompensés sur un segment qui fait flores. Ainsi l’écotourisme s’impose dans le paysage économique africain.

L’écotourisme est une forme de tourisme en plein boom. L’Afrique est sans nul doute la destination phare pour ce nouveau mode de villégiature. Preuve en est l’exemple du parc du Pendjari, cheville ouvrière de la stratégie pour l’essor de l’écotourisme au Bénin. Ainsi ce site classé « patrimoine mondial de l’UNESCO », fait l’objet d’un partenariat entre le gouvernement, African Parks et la Wyss Foundation qui vont y investir 26 millions de dollars. En février 2018, le National Geographic Society a rejoint l’accord. Il s’agit de sécuriser et réhabiliter le parc pour en faire une réserve si singulière qu’elle séduira les touristes du monde entier.

Qu’entend-on par « écotourisme » ? La Société internationale de l’écotourisme est la structure dédiée la plus ancienne au monde et définit l’écotourisme comme «un voyage responsable dans les zones naturelles qui préserve l’environnement, soutient le bien-être de la population locale et implique l’interprétation et l’éducation». Ainsi les activités écotouristiques en Afrique sont dédiées à l’observation d’animaux, aux randonnées, à l’observation d’oiseaux, à l’admiration de peintures rupestres, aux visites de forêts tropicales et de plongée sous-marine, selon une enquête d’Afrique Relance, une publication du département de l’information de l’Organisation Nations Unies (ONU).

«La tendance de l’écotourisme s’accentue grâce à une demande de plus en plus forte d’une clientèle qui a pris conscience de certains enjeux capitaux pour notre survie sur la planète. Les voyageurs ont de plus en plus envie de voyager utile, en favorisant un tourisme sain, vert et protecteur des espaces sauvages et de ceux qui y vivent» affirme Adeline Lobbes, consultante internationale experte en écotourisme et guide naturaliste spécialiste de l’Afrique. «Il y a une réelle prise de conscience et de plus en plus de clients nous demandent des écolodges, des petites structures avec un impact minimal sur l’environnement, etc. » précise Mme Lobbes.

Notons que c’est la faune qui mobilise les touristes et autres visiteurs de l’écotourisme : «l’observation de la faune est un segment très important du tourisme pour la plupart des pays, représentant 80% du total des ventes annuelles de voyages en Afrique», précise l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) dans son rapport publié en 2015 et intitulé «Vers la mesure de la valeur économique du tourisme d’observation de la faune en Afrique». Si cette tendance nouvelle se confirme ; les indicateurs économiques sont encore difficiles à identifier. Il est encore difficile de donner des chiffres précis quant aux retombées financières de l’écotourisme en Afrique. Des études sont lancées et précisent néanmoins la tendance.

Ainsi les résultats de l’enquête de l’OMT réalisée auprès d’un échantillon mondial représentatif d’une centaine de tours opérateurs montrent que dans le seul cas du tourisme d’observation d’animaux, les touristes voyagent par groupe de six en moyenne, séjournent dans une contrée du continent pendant en moyenne dix jours et dépensent en moyenne 433 dollars par personne par jour -jusqu’à 753 dollars pour les forfaits luxe- et tiennent 55 dollars d’argent de poche par personne par jour. Aux pays accueillants d’imaginer la manne financière que cette nouvelle forme de voyage peut générer. A ce jour les pays ayant développé une offre éco-touristique se situent à l’est et au sud du continent.

Le Kenya, riche de ses parcs est précurseur sur le secteur et est devenu un mètre-étalon en matière d’éco-tourisme en Afrique. Le Kenya en effet dispose d’un grand nombre de sites touristiques. «Dans les années 1970, le Kenya était la première destination au monde pour le tourisme animalier. Cette tendance est née de la transformation de la chasse sportive passée progressivement de la chasse au pistolet à la chasse avec une caméra», nous explique Dr Christopher Gakahu, président d’Ecotourism Kenya et consultant chez OkiosAfrica. «La dynamique autour de ce segment était telle qu’à un moment donné, poursuit-il, le tourisme au Kenya, fortement tributaire de l’observation de la faune et leur photographie est devenu le plus grand pourvoyeur de devises du pays. C’est à partir de là qu’il a été mis en place un ministère du Tourisme et de la faune, qui existe encore dans le gouvernement actuel».

Au gré des années, de l’émergence d’un tourisme plus « responsable », de l’exemple de pays comme le Kenya, la grande majorité des pays d’Afrique australe et de l’Est ont compris et appréhendé la valeur de leur faune. Ces pays ont évalué le potentiel que sa conservation pourrait représenter dans l’économie, facilitant ainsi l’investissement privé et la création d’entreprises. A titre d’exemple, on peut observer qu’en Tanzanie, ce secteur représente comme le principal outil du gouvernement dans sa stratégie de conservation des forêts et de stimulation des recettes publiques.

L’Ouest et le Centre du continent ont pris plus de temps pour mesurer la pertinence d’une démarche «  éco-touristique ». Au Ghana notamment, les investissements dans l’entretien des forêts tropicales ont permis de soutenir une croissance annuelle quasi-constante de 12%, selon Afrique Relance. La Gambie souhaite également accélérer son développement pour permettre à l’économie de bénéficier d’un secteur à fort potentiel et qui a fait ses preuves dans l’est du continent.

Si le potentiel est réel et reste inexploité au niveau continental ; il montre également des zones de fragilités. A l’instar par exemple, du manque d’investissement en Afrique centrale et de l’ouest, et des réels problèmes de braconnage. Le braconnage reste un défi majeur pour un meilleur développement de l’écotourisme à travers le continent. «Nous devons protéger chaque parcelle de ce continent qui regorge de trésors écologiques et d’une biodiversité unique au monde» martèle Adeline Lobbes.

Ainsi le secteur se structure, les pays se mobilisent et comprennent combien il est essentiel de développer l’éco-tourisme, tant d’un point de vue écoomique que d’un point de vue écologique.

Source : La Tribune Afrique

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