Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Afrique : la santé des enfants est une priorité
Dominique Ouattara

Trop régulièrement frappé par les épidémies mortelles, le continent africain multiplie les initiatives afin de préserver sa population et surtout ses enfants. De leur côté, les organisations internationales comme l’ONU, l’OMS et la Banque mondiale, ainsi que les fondations locales comme Children of Africa, créée par la première dame ivoirienne, Dominique Ouattara, redoublent d’efforts pour améliorer la santé des jeunes africains.

« 90 % de l’ensemble des cas de paludisme sont en Afrique », affirmait, au micro de RFI, en avril 2017, le Pr Olivier Bouchaud, responsable du service des maladies infectieuses et tropicales au CHU Avicenne à Bobigny. Face à ce terrible constat, les pays du continent ont intensifié leur lutte contre cette maladie, et les premiers résultats sont pour le moins encourageants.

Ainsi, au Niger, les autorités et associations s’attendent à une baisse de l’incidence et du taux de mortalités liées au paludisme grâce à la généralisation de la chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS). Selon Djermakoye Hadiza Jackou, coordinatrice du Programme national de lutte contre le paludisme, au moins quatre millions d’enfants âgés de 3 mois à 5 ans vont bénéficier de la généralisation de la CPS, expérimentée pour la première fois par Médecins sans frontières en 2013.

Selon les informations du Monde, le coût de la campagne, estimé à 11 millions de dollars (contre 6,2 millions en 2017), sera supporté par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Initiative présidentielle du gouvernement américain contre le paludisme (PMI), l’Unicef et la Banque mondiale. La campagne commencera peu après le début de la saison des pluies — de juillet à octobre — et permettra également d’effectuer le dépistage de la malnutrition aiguë chez les enfants de 6 mois à cinq ans.

Couverture de santé pour tous

Le Niger s’inspire ainsi de son voisin malien, qui a su « implanter » la recherche et la lutte contre le paludisme dans les villages du pays. « Quand nous nous implantons quelque part, en accord avec les villageois, c’est toujours avec une vision à long terme. Dans chacun de ces villages, l’eau, l’électricité, l’école et des routes sont installées, ainsi qu’une connexion Internet », explique le professeur Ogobara Doumbo, fondateur du Malaria Research and Training Center (MRTC) à Bamako. Selon lui, « plus aucun enfant ne meurt du paludisme dans les villages où nous intervenons ».

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) plaide pour « une couverture de santé pour tous en Afrique », l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) a pour sa part annoncé, en mars dernier, qu’elle formerait, « pour la première fois, 250 infirmières pour lutter contre la mortalité infantile dans six pays d’Afrique où la qualité des soins mère-enfant reste un défi majeur ».

D’une durée de deux ans, le master en sciences infirmières et obstétricales sera cofinancé par le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), l’OOAS et les différents pays sélectionnés (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Pour Jean-Jacques Kablan, coordonnateur de l’OOAS, ce programme devrait permettre aux pays africains « de disposer d’un effectif non négligeable de cadres capables de contribuer efficacement à l’amélioration de la qualité de la formation des élèves infirmières et sages-femmes ».

Dominique Ouattara offre un an de soins à cinq nouveau-nés

La santé materno-fœtale reste en effet « une priorité extrêmement importante » en Afrique, comme le souligne Jean-Marie Yaméogo, représentant de l’OMS à Abidjan. Un constat partagé par la première dame ivoirienne, Dominique Ouattara, qui a récemment fondé l’Hôpital mère-enfant de Bingerville.

Inauguré par Dominique Ouattara le 16 mars dernier, l’hôpital a enregistré ses cinq premiers nouveau-nés du 16 au 21 avril. Dominique Ouattara « a voulu marquer cet heureux événement d’une pierre blanche. Elle a décidé de prendre entièrement en charge les soins médicaux des nouveau-nés jusqu’à leur premier anniversaire au travers de sa fondation Children of Africa ».

L’hôpital de Bingerville — projet phare de Dominique Ouattara — tourne aujourd’hui à « plein régime ». Autre bonne nouvelle, en plus de ces cinq naissances, « les premières interventions chirurgicales ont eu lieu avec succès sur cinq autres enfants », a ainsi révélé le professeur Da Silva Anoma, Directrice scientifique et médicale de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville.

Deux annonces qui interviennent juste avant le lancement de la semaine africaine de vaccination, organisée par l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance. En 2017, près de 14 millions de doses de vaccins ont été administrées dans 19 pays africains, un chiffre que l’OMS souhaite dépasser cette année.

L’institution s’est par ailleurs fixé l’objectif d’« éradiquer les épidémies de fièvre jaune en Afrique » d’ici 2026. Durant cette semaine de vaccination, l’OMS estime pouvoir « toucher près d’un milliard de personnes en Afrique, notamment dans 27 pays présentés comme à haut risque ». Cela ne fait plus aucun doute, en Afrique, le défi de l’amélioration de la santé des plus jeunes est en passe d’être relevé.

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