Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Guinée : Conakry minée par une inflation des loyers insoutenable
Conakry Guinée Logement Loyer

Conakry atteste depuis 5 ans d’une explosion du marché de la location immobilière. C’est bien simple, cette courbe a bondi de 300 % durant ce laps de temps… Au grand dam de la population locale prise à la gorge.

La capitale guinéenne est actuellement en proie aux caprices des propriétaires de logement faisant la pluie et le beau temps sur le secteur. Ce juteux business souffre en effet de l’absence de législation concrète en la matière, entraînant de facto une dérégulation totale du marché. Une hérésie que condamne sans ménagement Mamadou Sow, locataire dans la métropole :

“Mon appartement comporte un salon, deux chambres, une salle bain, ce qui est confortable. Malheureusement, mon loyer est passé de 800 000 à 2 millions de francs guinéens depuis mon arrivée en 2013”, déplore l’intéressé.

Et pour cause, “le bailleur augmente quand il veut, comme il veut et il tient le langage qu’il veut pour me dire de sortir si je ne paye pas. Toutefois, je ne peux pas me (résoudre) à partir”, ajoute-t-il. “Car, les démarcheurs dans la rue vont me montrer d’autres maisons avec le même loyer ou plus encore. Pire, ils (exigeront) une avance sur le loyer de deux ans à trois ans.”

Un dossier tabou

Ce dossier est donc hautement critique à Conakry, vous en conviendrez. Pour autant, cette situation semble plus grave encore puisqu’elle se prolongerait dans tout le pays, soutient de son côté Ahmed Tidiane Diallo, un activiste luttant contre les loyers trop chers :

“Le loyer en Guinée c’est comme l’excision, les gens n’osent pas en parler. Ils risquent de se faire expulser par le bailleur. Ceux qui ont le monopole du loyer font la loi à la place de l’Etat. Ils peuvent l’augmenter quand ils le veulent. Si vous voulez vous plaindre, ils (contacteront) la police ou la gendarmerie, alors que dans le même temps, ils ne paient pas les taxes”, dénonce ainsi le lobbyiste auprès de TV5 Monde.

En conséquence, son groupe milite pour une régulation rapide de ce secteur dictatorial. Une manifestation pour la rentrée parlementaire du 5 avril prochain est d’ailleurs en préparation. Et cela, afin de pousser le gouvernement d’Alpha Condé à prendre (enfin) ses responsabilités sur cette problématique épineuse.

Source : TV5 Monde

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