Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Investir en Afrique de l’Ouest : les cinq principaux risques en 2018

Instabilité politique, exploitation de la bauxite, tensions sociales, déficit en infrastructures. Si la forte croissance économique des pays d’Afrique de l’Ouest attire les investisseurs, ces derniers devront faire face à certains risques en 2018.

 

Le cabinet de conseil spécialisé dans la gestion globale des risques, Control Risks, a dévoilé ses prévisions annuelles des risques politiques et de sécurité. Alors que l’Afrique de l’Ouest connaît la plus forte croissance du continent, le cabinet identifie cinq défis importants que les entreprises opérant dans la région devront relever.

Le terrorisme, l’activisme politique et les débordements violents restent un risque majeur pour les groupes présents en Afrique de l’Ouest. Selon Control Risks, « les biens et le personnel des entreprises en Afrique de l’Ouest resteront vulnérables aux attaques des groupes militants transnationaux ou nationaux ». Si Al-Qaïda représente une menace particulièrement importante pour les opérateurs dans le Sahel, l’industrie pétrolière et gazière du delta du Niger sera exposée aux attaques de groupes armés plus circonscrits localement, comme Boko Haram.

En termes de débordements violents, le cas de la Guinée est particulièrement emblématique. La situation pourrait être explosive dans les prochains mois à cause de l’exploitation intensive des mines de bauxite par les sociétés chinoises. Les heurts entre manifestants et forces de sécurité se sont intensifiés en 2017 à Boké, ville minière d’environ 100 000 habitants, depuis septembre dernier. La crise, qui s’est étendue aux bourgades voisines, a provoqué des pillages, des incendies et des affrontements avec la police.

Les communautés locales accusent les chinois Hongqiao Group, principale entreprise minière exploitant la bauxite dans la région, de ne faire aucun effort pour redistribuer la richesse qu’ils tirent du sous-sol guinéen. Le chômage reste en effet endémique dans la région tandis que la qualité de l’eau et de l’air ne cesse de se dégrader.

Des risques politiques, institutionnels, réglementaires

Second risque identifié par Control Risks, les difficultés budgétaires des différents pays d’Afrique de l’Ouest. Les organismes publics pourraient être tentés d’augmenter leurs taux de prélèvement obligatoires, d’en créer de nouveau, voire de multiplier les sanctions financières (plus ou moins justifiées) contre les entreprises pour renflouer les caisses publiques.

Troisième risque, l’instabilité politique. Le mécontentement populaire devrait être la norme dans une bonne partie de la région, en particulier au Cameroun, où le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, pourrait être tenté par un nouveau mandat. Au Togo, les citoyens continueront de protester pour mettre fin à 50 ans de règne de la dynastie Gnassingbé.

 

Les communautés locales de plus en plus exigeantes

Control Risks alerte également sur les risques liés à l’incursion dans des secteurs jusqu’ici sous-exploités, notamment le gaz offshore au Sénégal et le secteur minier embryonnaire du Nigeria. « Les investisseurs éventuels doivent suivre de près l’évolution de la capacité du gouvernement à superviser ces secteurs et les risques associés à ces projets », prévient le cabinet. L’exploitation des ressources naturelles peut en effet apporter des avantages économiques mais aussi provoquer des conflits sociaux, comme cela a été souvent le cas en Afrique de l’Ouest. Les communautés locales sont de plus en plus exigeantes vis-à-vis des groupes étrangers et demandent des efforts pour minimiser les impacts sur la santé et l’environnement ainsi que des engagements concrets pour contribuer au développement de l’économie locale.

Enfin, le cabinet Control Risks évoque les risques opérationnels récurrents, tels que les pénuries ou difficultés d’approvisionnement en carburant, en devises étrangères, en équipement ou en main d’œuvre. Le déficit en infrastructures continuera pour sa part de se traduire par « des coûts plus élevés, une demande accrue en ressources de gestion, un environnement plus difficile pour la collecte de capitaux et une incertitude plus grande pour les entreprises par rapport à d’autres régions ».

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