Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Gambie : mobilisation d’ONG afin de traduire en justice Yahya Jammeh

Du 19 au 21 octobre, se sont réunis à Banjul des victimes de Yahya Jammeh et le régime de terreur qu’il avait mis en place. Accompagnées par des ONG gambiennes et internationales, les victimes entendent mobiliser l’opinion et ambitionne de faire traduire en justice l’ex-président gambien.

Des dizaines de victimes de Yahya Jammeh se sont réunies à Banjul en octobre  afin d’identifier les moyens permettant de juger l’ancien président gambien,actuellement exilé en Guinée équatoriale depuis son départ du pouvoir en janvier 2017.

C’est le précédent tchadien qui motive les victimes à se réunir. A l’instar de la bataille juridique qui a permis aux victimes tchadiennes de faire juger l’ancien président Hissène Habré, condamné à la perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires de Dakar, les victimes comptent mener bataille, faire entendre leurs voix et obtenir justice pour les crimes qu’elles ont subi sous le régime du dictateur de 1994 à 2017. Au nombre des victimes on compte notamment Fatima Sandeng, la fille de l’opposant Solo Sandeng, mort en détention en avril 2016, Aïcha Jammeh, une nièce de Yahya Jammeh dont le père, cousin de l’ex-président, a disparu en 2005, ou encore Baba Haïdara, le fils de Deyda Haïdara, journaliste assassiné en 2005. Les victimes se sont regroupées au sein de l’association la plus structurée qu’est le Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains et qui rassemble 400 personnes. L’initiative n’est pas exclusivement locale.

Plusieurs ONG internationales participaient aux rencontres du 19 octobre pour accompagner et conseiller les victimes dans leur quête de justice. C’est le cas de Human rights watch (HRW), et Trial international, qui est une organisation suisse impliquée dans la procédure judiciaire en cours contre Ousman Sonko, ex-ministre de l’Intérieur de Yahya Jammeh arrêté à Berne il y a peu.

« Les choses commencent à ce concrétiser, se félicite Reed Brody, avocat américain de HRW. Il y a une vraie soif de justice en Gambie, c’est donc très positif pour la suite. » Il s’agit pour faire avancer la cause de constituer un dossier prouvant la responsabilité personnelle de l’ex-président dans les crimes perpétrés par son régime. Conscientes de la nécessite de faire plier les autorités équato-guinéennes, les victimes envisagent de lancer une campagne de sensibilisation auprès de différentes instances régionales et continentales, comme la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ou l’Union africaine (UA), pour augmenter la pression sur Malabo.

Source : Jeune Afrique

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