Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Togo : l’opposition en appelle à la France

La situation reste très tendue au Togo qui continue de verser dans la violence. Alors que les autorités annoncent des interpellations lors du second jour de manifestations ayant eu lieu cette semaine, l’opposition évoque le décès de trois personnes et en appelle au président français.

 L’escalade de la violence est au rendez-vous au Togo, de manifestations en manifestations ; il apparaît que le Togo d’enfonce dans une crise de plus en plus lourde et violente. Militaires, gendarmes, policiers, miliciens et civils s’affrontent dans les rues de la capitale à chaque manifestation. Le bilan officiel présenté par le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le colonel Damehame Yark, fait état d’une absence de perte en vies humaines et de blessés alors que l’opposition conteste cette annonce.

Selon Brigitte Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de la coalition des quatorze partis de l’opposition, la journée ce jeudi aurait fait «trois morts, 44 personnes blessées par balles réelles tirées de pistolets silencieux ou par balles en caoutchouc et 55 arrestations». Adjamagbo Johnson a expliqué que les forces de sécurité et de défense se sont encore positionnées aux points de départ prévus, «accompagnées de milices très mobiles». «Pendant que les jeunes essayaient de se défendre contre les milices, il y avait des forces de l’ordre et de défense qui s’acharnaient contre eux et les empêchaient de donner la réplique», a indiqué Adjamagbo Johnson. Adjamagbo Johnson a ajouté que Sokodé, Bafilo et Tchamba sont toujours en état de siège.

Le ministre de la sécurité et de la protection civile a répliqué «Je ne sais pas de quelle source l’opposition a ces données. Je ne sais pas et je ne crois pas. Qu’on nous dise dans quel hôpital les morts ont été enregistrés et nous allons vérifier. Il faut comprendre cette campagne : les gens sont allergiques au fait qu’il n’y ait pas de morts. Je rends grâce à Dieu, il n’y a pas eu de morts», a indiqué le colonel Yark alors que le ministre de la Communication, Guy Madje Lorenzo, accuse l’opposition «d’exacerber les passions». «Aujourd’hui, personne ne gagne à faire la comptabilité des blessés et des morts».

La coalition de l’opposition souhaite maintenir la pression sur le gouvernement afin qu’il cède. Après les manifestations réprimées à la fois par les forces de l’ordre et de sécurité et les milices organisées, la Coalition continue d’appeler les militants à sortir massivement, encore et toujours pour contester le pouvoir. Après deux mois de lutte pour demander le départ du président togolais Faure Gnassingbé, l’opposition fait dorénavant appel au chef d’Etat français, Emmanuel Macron. Selon Tikpi Atchadam, leader du Parti national panafricain, si tous les chefs d’Etat de la sous-région ouest-africaine qui ont des relations bilatérales avec le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, échouent à trouver une solution ; il faut se tourner vers la France. Selon l’opposition, il y a un seul président manquant à l’appel et il s’agit du président français. «C’est tout le peuple togolais qui attend le geste de la France, parce que tout le monde croit en la France. Les Togolais sont en train de défendre les mêmes valeurs défendues par la France. Les Togolais attendent un mot de la France pour les soutenir», a déclaré Tikpi Atchadam. «Le pays de la liberté et de la démocratie ne va pas attendre que la liberté et les droits de l’homme soient bafoués dans un pays comme le Togo et nous y croyons fermement», complétera le président du PNP, considéré comme le héros de la nouvelle orientation de la lutte depuis le 19 août 2017.

Le Quai d’Orsay a réagi à la situation au Togo lors d’un point de presse. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a déclaré : «La France suit avec préoccupation la situation au Togo… Nous condamnons fermement les violences récentes qui ont fait plusieurs victimes [et] appelons les parties à l’apaisement et à entamer un dialogue».

Source : La Tribune Afrique

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