Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Malgré les mutineries de début d’année, l’économie ivoirienne poursuit son envol

La finance n’a jamais fait bon ménage avec les coups de feu. La Côte d’Ivoire, pays frappé par plusieurs vagues de protestation depuis le début de l’année, n’échappe pas à la règle. Pourtant, si les mutineries ont provisoirement affecté l’économie ivoirienne, ces secousses ne doivent pas faire oublier sa robustesse.

Les encouragements de la Banque mondiale 

Une locomotive : avec un taux de croissance de 7,9% en 2016, la Côte d’Ivoire s’impose toujours comme l’une des économies les plus dynamiques du continent africain. C’est du moins l’avis de la Banque mondiale, qui constate, dans un récent rapport, que le pays d’Alassane Ouattara fait mieux – beaucoup mieux – que l’Afrique subsaharienne dans son ensemble, le continent ayant enregistré, en 2016, son taux de croissance le plus bas depuis vingt ans : +1,5%.

Pour la Banque mondiale, l’économie ivoirienne est donc sur le bon chemin. Un satisfecit qui n’empêche pas des recommandations de bon sens : le pays doit poursuivre ses efforts de diversification et augmenter la valeur ajoutée de ses exportations, mais aussi investir massivement afin d’améliorer la performance de son système éducatif.

Autant d’efforts que la Banque mondiale a bien l’intention de supporter. Le 21 avril dernier, le vice-président de l’institution, Mactar Diop, a ainsi annoncé que son institution verserait un nouvel appui budgétaire à la Côte d’Ivoire, compris entre 100 et 125 millions de dollars – le montant total alloué passant, sur trois ans, de 600 à 720 millions de dollars. Saluant une « excellente » collaboration entre le pays et son institution, Mactar Diop a justifié cette rallonge exceptionnelle par les performances réalisées par l’économie ivoirienne.

« Il est bon que nous investissions dans de grands projets structurants à fort impact sur nos populations », se réjouit le premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, indiquant que les appuis de la Banque mondiale serviront, en priorité, à structurer les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de la santé.

Enfin, la Banque mondiale, toujours elle, a salué dans son rapport semestriel Africa’s Pulse, publié le 19 avril, la résilience de la Côte d’Ivoire. Le pays fait ainsi partie – et de loin – des sept Etats africains dont la croissance a dépassé 5,4% entre 2015 et 2017, en raison notamment de leur forte demande intérieure.

Diversification, nouveaux partenariats : les recettes pour sortir de la dépendance au cacao

Tous les signaux semblent donc au vert pour la Côte d’Ivoire. Tous, sauf un : le pays reste très dépendant de ses exportations de cacao, première ressource nationale. Or les cours mondiaux du cacao sont tombés, début mars, à leur niveau le plus bas depuis trois ans. En un an, la baisse est de plus de 35%. Conséquence directe, les autorités ivoiriennes ont été contraintes de corriger leurs prévisions de croissance pour 2017, de 8,6% à 8,5%.

Si l’alerte est prise au sérieux à Abidjan, pas de quoi s’affoler cependant. Conscient des risques que fait peser une dépendance excessive aux cours des matières premières, le gouvernement a engagé, depuis plusieurs années, la diversification de l’économie ivoirienne.

L’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA) témoigne de cette volonté. L’institution panafricaine assure aujourd’hui des investissements équivalant à environ 0,6 à 1,4% du PIB par an de ses Etats membres. L’adhésion de la Côte d’Ivoire s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à attirer davantage d’investissements et à diversifier l’économie, en accroissant les échanges commerciaux.

Le ministre ivoirien de l’Economie Adama Kone.

« L’adhésion de notre pays à l’ACA contribuera à créer les conditions économiques qui nous permettront d’atteindre le statut de pays émergent d’ici à 2020 », s’est félicité Adama Kone, le ministre ivoirien de l’Economie. Même son de cloche du côté de Guy M’Bengue, président du Conseil national des exportations de Côte d’Ivoire, selon qui « l’entrée de l’ACA sur le marché ivoirien est un véritable levier, qui permettra d’attirer davantage d’investissements étrangers et de dynamiser les échanges, tant aux niveaux régional qu’international ».

Traditionnellement liée au Maroc ou à la France, l’économie ivoirienne s’ouvre de plus en plus à l’international et forge de nouveaux partenariats. Depuis l’ouverture de l’ambassade ivoirienne au Portugal, en 2015, pas moins de sept missions de prospection ont été organisées pour les entrepreneurs lusophones. Du 15 au 19 mai, ce sont sept entreprises portugaises exerçant dans le BTP, la machinerie agricole, le mobilier de luxe, le génie civil ou encore la métallurgie qui se sont rendues en Côte d’Ivoire afin d’y saisir les opportunités de ce pays prometteur.

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