Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Guinée-Bissau : arrêt de la campagne de vente de noix de cajou

Pour contrer la contrebande vers le Sénégal, le président bissau-guinéen Jose Mario Vaz vient d’interdire aux paysans de vendre leur récolte de noix de cajou. Les exportations sont reportées.

Entre la Guinée-Bissau et le Sénégal, les prix diffèrent significativement. Le différentiel de prix est du simple au double avec des achats bord champ se situant entre FCFA 500 et FCFA 600 le kilo en Guinée-Bissau tandis les noix se vendent autour de FCFA 900 et FCFA 1100 au Sénégal, selon le dernier bulletin de N’Kalô en date du 3 mai. Les prix ne sont pas la seule rasion de la contrebande.

Le blocage administratif pour l’agrément des exportateurs a pour conséquence la sortie de grandes quantités de noix par le Sénégal. Le gouvernement de Guinée-Bissau a exigé de la quarantaine d’exportateurs une caution financière au cas où ils ne respecteraient pas les normes ou qu’ils échapperaient au fisc. Les exportations de noix de cajou de Guinée-Bissau se sont élevées à environ 200 000 tonnes en 2016. La situation est difficile pour les producteurs et pour le pays dont la noix de cajou est la première ressource. Pour la Guinée-Bissau, 5ème plus gros producteur mondial, la lutte contre la vente illicite de noix de cajou est un véritable défi puisque le secteur est l’un des plus gros contributeurs à l’économie. Les exportations de noix de cajou comptent, en effet, pour 80% des recettes d’exportation du pays.

Pour rappel, le pays a écoulé 200 000 tonnes de noix, l’année dernière. La campagne de commercialisation se déroule d’avril à septembre.

Et ce alors même que le marché est dans l’attente de la production de Guinée-Bissau, troisième source de noix brute au monde (200 000 tonnes l’an dernier), après la Côte-d’Ivoire et la Tanzanie. En effet cette année risque de voir monter les cours de la noix de cajou dans un contexte où l’asie et notamment le Vietnam annoncent des récoltes diminuées de moitié.

« Les importateurs de noix 
brute vietnamiens diminuent leurs critères de 
qualité en proposant des prix toujours extrêmement élevés pour la noix de cajou brute d’Afrique de l’Ouest. L’origine Guinée-Bissau/Sénégal/Gambie, qui est actuellement d’une bien meilleure qualité que les autres a vu, elle, sa cotation grimper de $ 50 à 100 la tonne », souligne N’Kalô.

N’Kalô poursuit : « même si l’offre de noix brute en 2017 sera probablement moins élevée qu’attendu (et encore, cela reste à confirmer), la hausse des prix de la noix brute et de l’amande de cajou semble fortement déconnectée des fondamentaux de l’offre et de la demande de noix de cajou ».

Source : RFI

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