Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Togo : malaise des enseignants et grèves en série

Les enseignants depuis la rentrée scolaire, procèdent à des arrêts de travail par cycle de 72h chaque fin de semaine, fragilisant ainsi la tenue de l’année scolaire.

Le syndicat national des professeurs de l’enseignement technique du Togo (Synpett), le Syndicat national des enseignants de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (SNEETFP), le Syndicat des enseignants du secondaire du Togo (Sesto) et le Syndicat des enseignants du préscolaire et du primaire du Togo (Seppto) sont les syndicats qui réclament de meilleures conditions de vie pour les enseignants.

Quelles sont les revendications ? Depuis août et bien avant la rentrée scolaire de octobre, les syndicats exigent l’octroi de différentes primes mensuelles. Les enseignants réclament aussi une prime de travail de nuit et une prime de salissure, à intégrer au budget 2017. Ils demandent également une indemnité de logement pour tout le personnel de l’éducation. « Nous attendons également l’adoption du statut particulier de l’enseignant. Nous devions avoir gain de cause en mars dernier », fait savoir Atsou Atcha, coordinateur du syndicat de l’enseignement technique.

Le gouvernement dit « comprendre » l’importance et la légitimité des demandes mais soulève l’existence « d’autres priorités ». Autre revendication ; l’évolution du statut. Conformément au statut général de la fonction publique, les syndicats exigent le rattachement des enseignants auxiliaires dans le corps des fonctionnaires de  l’enseignement.

Les revendications des enseignants suscitent des réactions dans tous le pays. Les élèves tout d’abord, qui avec l’énergie propre à la la jeunesse investissent les rues. Les élèves de l’enseignement public commencent à réclamer leur droit au cours. Comme il y a trois ans. Un peu partout, dans les préfectures de Tône, du Vo (plus de 70 km de Lomé) ou encore du Bas-mono, les élèves envahissent les rues pour réclamer les cours et font le tour des écoles pour signifier leur mécontentement et perturber les cors dans les écoles privées. Ces comportements créent des tensions et plane sur les esprits les exactions de l’année 2013.

La classe politique est également préoccupée. Le principal parti de l’opposition, lAlliance Natioanle pour le Changement (ANC) s’est exprimé « vivement préoccupé par cette situation qui pénalise les élèves et contribue à dégrader davantage le niveau de l’enseignement » du pays. De même, la Convention démocratique des peuples africains (CDPA) a fustigé l’inaction du gouvernement dans une déclaration rendue publique jeudi dernier,

« La CDPA comprend et partage totalement l’indignation et la colère des élèves, dont la plupart issus de couches défavorisées, n’acceptent pas qu’après les sacrifices incommensurables de leurs parents, voire des leurs, pour mobiliser les fonds nécessaires pour le payement de l’écolage, des fournitures et autres cotisations, le gouvernement compromette leur avenir, en misant sur le pourrissement du mouvement des enseignants en attendant que tout se tasse pendant les vacances de noël », a dit Brigitte Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale du parti, qui a signé la déclaration.

Le gouvernement dans un souci d’apaisement a réaffirmé sa volonté de trouver dans les meilleurs délais des réponses aux revendications et ce en privilégiant le dialogue avec les syndicats. Cependant les syndicats sont circonspects et maintiennent leur action collective en systématisant les arrêts de 72h par semaine. « On a commencé à faire nos réclamations il y a trois ans. Et bien avant la rentrée on a relancé le gouvernement. Mais il refuse de discuter avec nous. A l’approche du sommet sur la sécurité et la sûreté maritimes, les autorités craignant qu’on n’entrave la rentrée et faire de la mauvaise publicité, ont reporté la rentrée d’un mois. Jusqu’alors nous n’avons eu aucune promesse du gouvernement. On continuera la grève de 72 heures chaque semaine jusqu’à avoir une issue », s’est expliqué un enseignant qui témoigne anonymement.

La crainte de tous : que des dérapages surviennent. On se souvient qu’en 2013, deux élèves avaient trouvés la mort dans des manifestations violentes.

Sources : La Tribune Afrique, Jeune Afrique

 

 

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