Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Côte d’Ivoire : Aboudia, le peintre qui exprime l’Afrique d’aujourd’hui

Rencontre avec le peintre ivoirien Aboudia, à l’occasion de son exposition intitulée « Mogo Dynasty » à la fondation Fakhoury d’Abidjan.

Aboudia est un jeune peintre connu ; connu et reconnu internationalement. Passé des quartiers populaires de Côte d’Ivoire aux galeries d’art du monde entier, Aboudia de son vrai nom Abdoulaye Diarrasouba n’en n’oublie pas pour autant qui il est, d’où il vient. Si son statut d’artiste reconnu qu’on compare à Basquiat lui ouvre des horizons prometteurs, Aboudia revendique sa culture nouchi. « Je reste de culture nouchi. Mogo en nouchi, c’est le gars, les gens », indique-t-il pour expliquer la raison d’être de ses toiles. « Mes tableaux, c’est l’Afrique d’aujourd’hui », dit-il devant « La mort du roi ». « Ici, on tente de donner un médicament au roi… C’est aussi ça l’Afrique, il y a la tradition, les gens qui luttent pour vivre. J’ai voulu raconter ça, les Mogos ».

Aboudia se revendique artiste et non « peintre africain ». Il se souhaite inclassable, n’apprécie guère d’être rangé dans une catégorie, même si son art rend hommage à son Afrique natale son propos est autre : « Moi, ma définition de l’art, c’est la recherche de nouvelles sensations ». « Je me considère comme un artiste. Un artiste qui vient de l’Afrique. Les gens classent, il y a les artistes africains, artistes européens… Mais si vous voyez mon travail en Chine ou au Japon, vous ne saurez pas si (l’auteur est ou non) un Africain ».

Africain sans revendication identitaire rendant hommage aux siens dans une démarche universelle, voilà son intention. Paradoxe pour le jeune homme qui qualifie cependant ses œuvre de peintre « nouchi » (ndlr : du nom de l’argot ivoirien).

Il diversifie dorénavant sa technique et investit le champ du collage, de l’assemblage, du montage telle cette tapisserie murale faite d’éléments de la vie de tous les jours: « Habits, chaussures, poupées, nounours… C’est tout cet ensemble, qui vient de l’être humain et des enfants, que j’ai pris pour faire une composition. Les gens, je les déshabille, je prends leurs habits et j’en fais une autre toile ».

La perspicacité et le talent ont certainement permis à Aboudia de vivre sa passion. Enfant, il dessine à la craie y prend plaisir et sent qu’il « avait du talent pour le dessin » mais c’est seulement au collège qu’il apprend l’existence d’une école pour le dessin et l’art. Il fait alors preuve d’audace et cherche le contact des élèves de l’école conservatoire régionale ; jusqu’à l’intégrer à son tour. Il entre ensuite eau centre technique des arts appliqués de Bingerville, puis rejoint l’INSAC d’Abidjan (Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle).

C’est la crise ivoirienne qui lui donnera l’opportunité de s’exprimer, d’exprimer son talent. Ce contexte difficile lui a permis d’émerger et Aboudia ne l’oublie pas. Exprimer des sensations et toutes les sensations tel est le propos, y compris pour refléter le chaos ambiant.

Source : Le Parisien

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