Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Guinée : Alpha Condé en Chine pour des accords de coopération économique

« C’est un partenariat stratégique que nous allons établir avec la Chine, a indiqué le Président. En contrepartie de nos matières premières, la Chine va financer des infrastructures : routes, aéroports, ports, chemins de fer, l’énergie et l’agriculture » déclare Alpha Condé.

Depuis le 29 octobre le Président guinéen est en voyage en Chine pour un séjour de dix jours. Accompagné d’une délégation composée de ministres de son gouvernement et de chefs d’entreprises privées guinéens, le chef de l’État guinéen poursuit son entreprise de séduction au profit des intérêts de son pays.

Alpha Condé a été reçu le 1er novembre par le Premier ministre chinois Li Keqiang puis par le Président de la République, Xi Jinping. Pas de conférence de presse à la suite de ces entretiens mais l’on sait que la coopération entre les deux pays devrait s’affermir très rapidement. Un membre de la délégation guinéenne confirme : « une structure conjointe de suivi et l’envoi dès le mois prochain d’une mission technique pour le financement accéléré des projets prioritaires ». Et les sujet et projets de développement sont nombreux.

La relance du projet minier de Simandou (le plus grand gisement de fer du continent) est actée. Le projet du mont Simandou, dans l’est du pays, est relancé par le chinois Chinalco, qui est associé au projet depuis 2012, et qui est parvenu à un accord sur les conditions du transfert de la totalité des parts de l’anglo-australien Rio Tinto qui sort du projet. Le cadre de coopération est fixé. Un groupe de travail conjoint travaillera pour « aboutir à un plan de développement du projet, incluant la revue technique, juridique et commerciale du projet ».

Reste à boucler le financement. En l’état, les deux tiers des coûts de développement du projet qui s’élèvent à environ 20 milliards de dollars portent sur les infrastructures de transport et de logistique. Il s’agit notamment d’un nouveau chemin de fer reliant le sud-est de la Guinée à la côte atlantique, et d’un nouveau port en eau profonde. « Pour le moment, le cadre d’investissement est en cours. Il y a des aménagements à la marge à effectuer », a précisé Abdoulaye Magassouba, le ministre guinéen des Mines.

En ce qui concerne l’hydroélectricité, la Guinée se tourne à nouveau vers la China International Water and Electric Corporation, pour boucler le tour de table concernant le financement des 1,3 milliards de dollars nécessaires à l’édification du barrage de Souapiti. Cette entreprise avait déjà précédemment construit le barrage de Kaléta (240 mégawatts, 446 millions de dollars financé par la banque chinoise d’import-export China Exim Bank à 75 %), inauguré en 2015.

« Kaléta seul ne suffit pas. C’est pourquoi nous avons lancé Souapiti qui a un double avantage : non seulement il va produire 450 mégawatts, mais il va réguler la fourniture du courant en complétant les 240 MW de Kaléta et les 70 MW de Garafiri », a expliqué Alpha Condé lors de sa rencontre avec la diaspora guinéenne en Chine. Une route d’accès, un pont, des canaux d’évacuation d’eau et un site de concassage du béton ont déjà été construits. Le calendrier du reste du chantier reste néanmoins à préciser.

Pour résoudre les problèmes d’apport d’eau potable aux populations, des entreprises chinoises sont consultées pour, d’une part améliorer l’approvisionnement de la capitale guinéenne et d’autre part construire 15 000 forages à destination des populations rurbaines.                   

Infrastructures, agricultures, industries sont également des pôles d’attraction pour les entreprises chinoises. Ainsi, entre trente et quarante entreprises chinoises ont été reçues par la délégation guinéenne, dont Norinco dans la défense, China Railway Construction Corporation dans les chemins de fer et la route, China International Water & Electric (CWE) ou PowerChina dans l’énergie. Ce sont des accords d’envergure qui devraient donc permettre à la Guinée d’affermir toute son économie.

 

 

 

 

 

 

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