Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Sénégal et enseignement : suppression de l’allemand, du russe, de l’italien au profit des sciences

Parce que le Sénégal a besoin d’ingénieurs, de mathématiciens, le Ministère de l’Education nationale a choisi de remplacer l’enseignement de trois langues vivantes par des cours obligatoires de physique et chimie.

 Ainsi peu à peu disparaitront les classe de langue en option, en troisième et en quatrième. Exit l’allemand, l’italien, le russe au nom de la compétitivité économique et l’employabilité future. Et ce n’est pas le goût de tous ; à commencer par les professeurs de langue. Ainsi les professeurs d’allemand sont en colère et le font savoir. Oumou Khairy Diallo enseigne l’allemand à Dakar et selon lui l’enseignement des sciences ne doit pas empêcher l’enseignement des langues. Il n’y a pas d’antinomie : « Je ne comprends pas, d’autant plus qu’on a quand même plus de 140 établissements dans lesquels l’allemand est enseigné, on a pratiquement 200 professeurs d’allemands. Culturellement, l’Allemagne compte beaucoup aussi. Economiquement l’Allemagne est la première puissance en Europe, si je ne me trompe. Je trouve que c’est extrêmement important. »

Le plan économico-culturel est le deuxième point et autre raison de la colère. C’est selon les associations de professeurs, un très mauvais signe envoyé à l’Allemagne qui soutient depuis longtemps l’enseignement de la langue germanique au Sénégal. Saliou Mbaye, professeur d’allemand à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar : « Cette coopération matérialisée par la présence de pas mal d’entreprises et pas mal de fondations allemandes ici au Sénégal, existe déjà. Les Allemands peuvent dire : s’ils ne s’intéressent pas à nous, pourquoi nous devons nous intéresser à eux ? ».

Une concertation entre associations est en cours, avec pour objectif de rencontrer les instances ministérielles afin de faire évoluer la réflexion sur le sujet, envisager la coexistence des différentes disciplines. La diversité des apprentissages est certainement le plus sûr moyen de permettre aux jeunes générations d’acquérir les outils de leur autonomie et de leur ouvrir des perspectives professionnelles. Le Sénégal soucieux de l’employabilité de ses jeunes, n’en sera que plus gagnant.

 

 

 

 

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