Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Passe d’arme au Sénégal sur la vente de carburant toxique

La Société africaine de raffinage (SAR) dément les accusations portées dans un rapport de l’ONG Public Eye sur la vente de carburant toxique au Sénégal.

C’est un rapport explosif. Intitulé « Dirty Diesel » et publié par l’ONG Public Eye, il met en lumière les pratiques de négociants suisses, qui distribueraient en Afrique des carburants qui, s’ils étaient vendus en Europe, seraient tout bonnement interdits. Un deux poids deux mesures, préjudiciable à la santé et à l’environnement des Africains, et particulièrement des Sénégalais. Pour appuyer ces affirmations, l’ONG a relevé des échantillons dans plusieurs stations-service africaines. Le verdict est sans appel : « sur les quatre échantillons prélevés, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, tous contenaient du Mmt, (…) un métal neurotoxique », accuse le rapport.

L’ONG met en cause la responsabilité de plusieurs entreprises occidentales, dont Trafigura et sa filiale Puma Energy, mais également Oryx et Shell (Vivo Energy). Et pointe la pratique du « blending », c’est-à-dire le fait de mélanger des produits intermédiaires, souvent dangereux pour la santé humaine, afin de se rapprocher du produit final demandé par leurs clients. L’ONG rappelle ainsi que l’essence et le diesel ont besoin, avant d’arriver à la pompe, de passer par des étapes préalables, pendant lesquelles les produits bruts sont mélangés à quatre à six produits intermédiaires. Cette opération de « blending » « n’est pas qu’une nécessité technique, (elle) est aussi une opération lucrative », accuse le rapport de 28 pages.

Durant ce processus, les compagnies incriminées tenteraient par tous les moyens de se rapprocher le plus possible des normes admises par le marché visé. Public Eye précise que « mélanger des produits pétroliers intermédiaires est une pratique ordinaire et légitime. Mais elle devient illégitime dès lors qu’elle consiste à produire délibérément un carburant toxique, à haute teneur en souffre, pour maximiser ses bénéfices en profitant de la faiblesse des réglementations en vigueur dans certains pays », au détriment de « la santé de millions de personnes en Afrique ».

Des accusations que rejettent en bloc Cheikh Tidiane Mbodj, le directeur commercial de la Société africaine de raffinage (SAR), selon qui « il n’y a pas de carburant toxique au Sénégal ». Il appelle également à réaliser de nouveaux tests et contrôles. En attendant, l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), par la voix de son président, Momar Ndao, appelle les autorités sénégalaises à se pencher sur la question, afin de « confirmer ou d’infirmer » ces graves accusations.

Réagir à cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

C’est en 2019 que le mandat des conseillers départementaux et municipaux élus en 2014 prend fin. Cependant le gouvernement sénégalais a décidé de allonger la durée de leur mission pour une année supplémentaire. Ce report est le fruit d’un consensus de la classe politique alors que les modalités d’organisation et...
Le nouveau prix d’achat du cacao bord champ pour la campagne 2019-2020 est en hausse par rapport à la précédente campagne. Il est de 825 FCFA contre 750 FCFA précédemment. Soit une hausse de 75 FCFA. Toute chose qui devrait réjouir les producteurs, mais au contraire ces derniers ont le...
Une ONG portugaise, Bios Cabo Verde a annoncé que 163 dauphins s’étaient échoués sur les plages de l'île du Cap Vert, fin septembre. L’association compte 136 animaux morts malgré les tentatives de sauvetage. Fin septembre 163 dauphins se sont échoués sur la rive orientale de Boa Vista, une des îles...
TRIBUNES LIBRES
Un an après le lancement officiel de l’Open Sky africain,...

S’inscrire à la Newsletter