Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Togo/mines de phosphates : un accord loin de faire l’unanimité

Si la fronde des mineurs togolais a été solutionnée ce lundi par la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) après plusieurs jours de grève, les syndicats, qui ont obtenu une revalorisation globale des salaires, restent malgré tout sur leur faim.

Samedi 10 septembre, TV5 Monde s’était rendue dans les rues de la petite commune de Hahotoé, à 40 km au nord de la capitale Lomé pour prendre le pouls auprès des employés de la SNPT.

Le média assiste alors à la détresse d’une population particulièrement désorientée, à l’image de Tchédré Kpatcha, mécano-électricien depuis 36 ans :

“C’est la misère chez nous. En plus, nous travaillons dans des conditions difficiles. Nous crions depuis des années mais ne personne ne nous répond”, s’exclame-t-il, dans une angoisse palpable faisant écho dans le cortège de 500 mineurs venu hurler son désarroi.

La foule, qui brandit haut et fort des slogans tel que “Trop, c’est trop, le Togo doit être maître de son destin, fini l’esclavage”, en appelle au sommet de la direction pour trouver une issue sur ce dossier.

Et pour cause, le mouvement bat son plein et le bras de fer est définitivement engagé avec la SNPT, alors que l’activité a été déjà momentanément suspendue à plusieurs reprises depuis plus d’un mois.

Finalement, un accord est intervenu 48 heures plus tard, puisque que la structure a débloqué 250 millions de francs CFA repartis en deux tranches afin de régler la revalorisation des salaires, et cela en conformité avec la grille conventionnelle exigée par les employés.

La SNPT s’est ainsi achetée une paix sociale puisque les tractations ont accouché d’un moratoire de quatre ans annihilant toute possibilité de blocus durant cette période. Quant aux frondeurs, ils ont opté pour la préservation de l’image de leur entreprise sans toutefois renoncer au gain d’une prime de production, dont les négociations reprendront en octobre.

Pour rappel, ce secteur vital de l’économie locale* avait subi plusieurs épisodes similaires ces trois dernières années, que ce soit en 2013 (72 heures de grève), 2014 (une semaine) ou encore 2015 (deux semaines) pour un coût journalier estimé à 282 000 dollars selon les chiffres transmis par les syndicats.

*Face à la crise persistante du phosphate, le gouvernement avait mis en place en 2010 un plan de relance de 200 milliards de FCFA  pour doper la production nationale.

Sources : TV5 Monde et RFI

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