Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Explosion d’une décharge au Bénin : la sécurité en question

L’explosion d’une décharge de produits avariés a fait 18 morts et une centaine de blessés. La pauvreté et le manque de sécurité seraient à l’origine du drame.

Jeudi 7 septembre, dans la commune de Tori-Bossito, située à 40 km de la capitale, Cotonou, une forte explosion retentit en fin de journée. C’est la décharge d’enfouissement de produits avariés qui vient de prendre feu. Alors que les autorités font, dans un premier temps, état de huit morts et de plusieurs dizaines de blessés, le bilan a été dramatiquement revu à la hausse depuis. Selon les derniers décomptes établis par le ministère de l’Intérieur, la catastrophe de Tori aurait fait dix-huit morts et 92 blessés. La plupart de ces derniers sont gravement brûlés, parfois sur 60% à 90% du corps, selon les équipes de secours dépêchées sur place.

Ce macabre bilan n’est pourtant que provisoire. Les autorités locales craignent en effet que de nombreuses personnes, touchées par l’explosion et souffrant de graves brûlures, ne se soient pas signalées aux services de secours, par crainte d’être inquiétées par la police. Si les victimes elles-mêmes ont peur d’être prises pour des coupables, c’est que la raison de cette catastrophe réside dans la précipitation avec laquelle plusieurs dizaines de personnes se sont ruées sur les sacs de farine avariée, déversés par une entreprise dans la décharge de la ville. Les employés de cette entreprise auraient tenté de mettre le feu à la marchandise, en l’aspergeant d’essence. Les personnes présentes sur place auraient été prises au piège de la fournaise.

Selon un habitant de Tori-Bossito, ce drame prend sa source dans « la pauvreté des habitants et la méconnaissance des risques ». « Il faut comprendre qu’un sac de farine coûte assez cher (un sac de farine de 50 kilos coûte environ 20 000 francs CFA, soit 30 euros) », explique-t-il. Et ce témoin de l’explosion de pointer les responsabilités : « sur ce site, il n’y a pas de sécurité particulière : n’importe qui peut s’y rendre et récupérer des sacs de nourriture périmée, sans que les employés qui déversent les produits ne s’y opposent ». Le président de Ligue pour la défense du consommateur au Bénin (LDCB), Robin Accrombessi, abonde dans ce sens : « c’est un crime contre le consommateur. C’est inconcevable de voir qu’un tel site n’est pas suffisamment sécurisé, et que n’importe qui puisse y pénétrer ».

Mais le président de la LDCB va plus loin : il souhaite qu’une enquête détermine les responsabilités. « Nous aurions souhaité que des mesures soient prises pour sécuriser (…), clôturer et installer des forces de sécurité pour protéger entièrement ces lieux ». Il semblerait qu’il ait été entendu par le gouvernement, qui a annoncé l’ouverture d’une enquête. Le ministère de l’Intérieur a également annoncé que le site allait être clôturé. Enfin, l’Etat a offert une enveloppe de 2 millions de francs CFA pour la prise en charge des victimes.

Sources : RFI, Le Monde et Les Observateurs

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